Musique : salsa à la sauce gombo

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la musique cubaine tire ses racines d’anciens rythmes africains. L’aventure se poursuit pour le groupe Africando qui continue, avec son cinquième album, à célébrer les retrouvailles entre les deux mondes.

A première vue, Africando fait de la salsa. Une bonne salsa entraînante et joyeuse. Plus prompt à danser qu’à prêter une oreille attentive aux paroles, on ne réalise que bien plus tard que nos salseros, inspirés en diable, ne sont pas cubains mais bel et bien africains.

Bizarreries musicales, expérience originale ? Certainement pas. A en juger par l’aisance avec laquelle les chanteurs africains posent sur les rythmes typiquement cubains de l’album, on se doute qu’il existe quelques affinités de genre qui nous auraient sûrement échappé.

Une petite plongée dans l’histoire de la musique afro-cubaine nous apprend que les harmoniques de base de la salsa ne sont autres que ceux d’anciens rituels du Bénin, du Togo, du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire pour ne citer qu’eux.

Pas étonnant que les voix africaines trouvent avec tant de justesse le groove cubain et arrivent à se fondre complètement dans un son qui n’est pourtant plus le leur mais qu’ils se réapproprient avec délectation.  » Mandali « , cinquième album d’Africando en est la preuve.

De nombreux invités

De Lokua Kanza à Salif Keita en passant par le grand Koffi Olomidé, l’album signe de grands noms de la musique africaine. Chacun se prête au jeu et livre des morceaux dignes de figurer demain parmi les plus grands les standards latinos.

Pas moins de 10 featurings* sur l’album, pour une production très aboutie. Rien à dire sur les arrangements musicaux dont on pourrait toutefois regretter le parti pris du tout-salsa. De la musique cubaine pure et dure donc, mais interprétée avec force et sensibilité par des artistes africains qui y expriment tout leur talent. Une réussite.

*Invités

Africando, Mandali Next Music 2000

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