Musevini au Burundi : la médiation de la dernière chance ?

Le Président ougandais Yoweri Musevini est arrivé ce mardi dans la capitale burundaise Bujumbura en tant que médiateur entre les différentes parties pour tenter de résoudre la crise. Le Président Pierre Nkurunziza qui veut brigue un troisième mandat est toujours contesté dans le pays.

Est-ce la médiation de la dernière chance pour débloquer la crise burundaise ? Le Président ougandais Yoweri Musevini est désormais le nouveau médiateur qui doit tenter de dénouer la crise politique qui enflamme le pays. Mandaté par les dirigeants de la Communauté est-africaine (EAC), après l’échec de deux médiateurs onusiens, sa tâche sera loin d’être aisée. D’autant que la contestation est toujours aussi vive contre le Président burundais Pierre Nkurunziza, qui souhaite briguer un troisième mandat. Une mesure jugée anti-constitutionnel par l’opposition et la société civile.

Le Président Musevini, qui souhaite lui même se représenter en 2016, a affirmé sur son compte Twitter qu’il est présent au Burundi pour ouvrir une faction de dialogue entre les parties belligérantes. Au pouvoir depuis 1986, le Président ougandais est d’abord passé à Kigali pour s’entretenir avec la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, avant d’atterrir à Bujumbura. Pour le moment, le pouvoir a accepté de reporter la Présidentielle au 21 juillet tout en refusant d’aller au delà pour éviter, selon lui, un risque de vide constitutionnel à l’expiration du mandat du Président Nkurunziza, le 26 août. De son côté, la communauté internationale estime que le climat actuel ne permet pas la tenue du scrutin.

Plusieurs opposants, qui ont quitté le Burundi, menacent régulièrement de commettre un coup d’État contre le Président. Pas plus tard que Dimanche dernier, Léonard Ngendakumana, le bras-droit du chef des militaires qui avait tenté un coup d’État, avait lancé des menaces contre Pierre Nkurunziza et déclaré vouloir « résister » et « se battre » contre le pouvoir en place jusqu’à la démission du chef de l’État. Le pouvoir avait de son côté appelé au dialogue pour s’entendre.

Mais actuellement, tout montre que c’est un dialogue de sourd qui domine les relations entre le pouvoir et de l’opposition. Certains observateurs craignent même que le spectre de la guerre civile refasse son apparition dans le pays, tant la situation est tendue.