Mozambique: La traque des assassins de Samora Machel continuera

Le président mozambicain, Armando Guebuza, a déclaré jeudi à Mbuzini, en Afrique du Sud, que son gouvernement continuera « à chercher la vérité » sur l’accident d’avion qui a coûté la vie, le 19 octobre 1986, au premier président du Mozambique, Samora Machel, et à 34 autres personnes.

En s’exprimant sur le site où l’appareil de M. Machel, un Tupolev 134, s’était écrasé contre le flanc d’une colline, le président Armando Guebuza a affirmé que le père de l’indépendance mozambicaine « a été lâchement assassiné par le régime de l’Apartheid ». Le drame était survenu pendant que le président Machel rentrait de la Zambie où il venait de prendre part à un sommet.

M. Guebuza a estimé que l’enquête sur le crash doit se poursuivre parce que ses résultats seront intéressants non seulement pour le Mozambique, mais aussi pour le monde entier « dont Samora Machel était un citoyen ». »Sa mort a renforcé la détermination de lutter contre les ennemis de la paix, du progrès et du bien-être de toute l’humanité. Sa disparition a exacerbé la haine contre l’Apartheid que les Nations unies avaient déjà déclaré être un crime contre l’humanité », a-t-il dit.

Le président mozambicain a rappelé que M. Machel croyait toujours que son pays ne serait véritablement indépendant que quand les autres peuples oppressés seraient aussi libérés, affirmant que sous sa direction, le Mozambique était devenu « une arrière-garde sûre » pour les mouvements de libération du monde entier. »Comme pour symboliser sa position anti-raciste et anti-tribaliste, M. Machel est mort à Mbuzini avec des Mozambicains d’âges divers, de races diverses et de différentes régions du pays, unis par le désir de voir notre pays prospérer et de partager ses capacités avec la région le monde », a déclaré M. Guebuza. Selon lui, les Mozambicains peuvent affirmer que « Samora n’est pas mort : Samora vit en nous ».

Un discours vibrant du président sud-africain

Dans son discours au cours de cette cérémonie du souvenir, le président sud- africain, Thabo Mbeki, a appelé ses compatriotes à faire preuve d’une solidarité constante avec le Mozambique pour rendre hommage à M. Machel. »S’il y a un Mozambicain qui a faim, cela signifie que nous avons faim. S’il y a un Mozambicain qui est malade, cela signifie que nous le sommes aussi. Nous formons un seul peuple, nous avons grandi ensemble », a-t-il déclaré. »Quand vous ressentez une douleur, je ressens la même. L’un ne peut être prospère si l’autre est pauvre », a ajouté M. Mbeki. Il a rappelé que M. Machel avait une fois fait remarquer que « le chien de l’homme riche est mieux loti en termes de vaccination, de médicaments et de soins médicaux que les travailleurs sur lesquels l’aisance de cet homme riche est bâtie ».Le président sud-africain a estimé que « ceci devait changer en Afrique du Sud, au Mozambique et à travers le continent ». »Nous devons apprendre à compter sur nous-mêmes pour améliorer nos conditions de vie. Le sang versé ici à Mbuzini, quoi qu’en ait pensé l’ennemi, a été versé afin que nous puissions parler d’une même voix et agir de concert inspirés par la même cause », a martelé le président Mbeki.