Moubarak dans l’ombre de la peine de mort

Le président déchu égyptien Hosni Moubarak pourrait bien être exécuté. Jugé ce jeudi au tribunal du Caire, le procureur a demandé la peine de mort pour sa responsabilité dans les meurtres des 850 manifestants lors du soulèvement contre son régime.

L’heure est venue pour Hosni Moubarak de rendre des comptes ! Le procureur Moustafa Souleimane a demandé ce jeudi la peine capitale à l’encontre de l’ex-président égyptien, jugé au tribunal du Caire, rapporte les médias locaux. L’ex-dirigeant, qui a comparu allongé sur une civière, est accusé d’être responsable des meurtres des 850 manifestants lors du soulèvement contre son régime. Il est également inculpé de corruption. Des accusations portées aussi à l’encontre de ses fils Alaa et Gamal Moubarak, jugés en même temps que lui.

« La loi prévoit la peine de mort pour le meurtre prémédité », a déclaré le procureur au terme de ses réquisitions. « Comment se peut-il que le président de la République ne soit pas au courant des manifestations qui ont éclaté le 25 janvier en douze endroits dans plusieurs gouvernorats ? », a-t-il ajouté. Mais les avocats qui assurent la défense de l’ancien chef d’Etat ont plaidé non coupable. Une plaidoirie rejetée par le procureur qui, mardi, durant l’audience, a décrit Hosni Moubarak, qui a régné sur l’Egypte pendant 30 ans, comme « un dirigeant tyrannique qui a répandu la corruption et ruiné le pays sans rendre de comptes ».

« Pourquoi il n’est pas intervenu pour arrêter la violence contre ces manifestants ? »

La peine de mort a également été requise pour six hauts responsables des services de sécurité, et l’ex-ministre de l’Intérieur Habib el-Adli, accusé d’avoir donné l’ordre de tirer sur les manifestants. Selon le procureur, Habib el-Adli, jugé également ce jeudi, « ne pouvait pas donner des ordres de tirer sur les manifestants sans avoir obtenu des instructions de Moubarak ». Dans tous les cas, pour le procureur Moustafa Souleimane, « le président de la République est responsable de la protection du peuple, la question n’est pas seulement de savoir s’il a donné ou non des instructions de tuer les manifestants, mais au delà de ça de savoir pourquoi il n’est pas intervenu pour arrêter la violence contre ces manifestants ».

Agé de 83 ans, Hosni Moubarak, dont le procès se déroule sous la protection d’un important dispositif de sécurité, est le premier dirigeant victime du « Printemps arabe » à comparaître en personne devant la justice. Il est en détention préventive dans l’hôpital militaire de la banlieue du Caire, à Charm-el-Cheikh, en raison de ses problèmes de santé. Mais Malade ou non, l’ancien raïs est désormais sommé de rendre des comptes à la justice de son pays. Aujourd’hui plus que jamais, il est dans l’ombre de la peine de mort.