Mouammar Kadhafi prêt à négocier avec les Occidentaux

Mouammar Kadhafi a déclaré ce lundi être ouvert au dialogue avec les Occidentaux. Les rebelles libyens ont affirmé, quant à eux, avoir pris le port pétrolier de Brega, à l’est du pays. Une information démentie par le pouvoir.

Le guide libyen Mouammar Kadhafi a affirmé ce lundi être prêt à discuter avec les Occidentaux si ces derniers n’opposent aucune condition. « Tout dialogue avec les Français, les Américains, les Britanniques est le bienvenu. Nous sommes prêts à discuter », a déclaré Moussa Ibrahim, le porte-parole du régime. « Mais ne posez aucune condition à vos pourparlers de paix », a-t-il ajouté. Il a indiqué que des représentants du gouvernement ont rencontré samedi en Tunisie des émissaires américains. Le département d’Etat à Washington a fait savoir que cette rencontre, qui a été organisée à la suite de sollicitations répétées de Tripoli, ne s’apparente pas réellement à une négociation. Elle a été l’occasion pour les États-Unis de réaffirmer leur position : le départ de Mouammar Kadhafi, selon le responsable du département américain.

Négocier le départ de Kadhafi

Le Premier ministre britannique David Cameron, en visite lundi à Pretoria, la capitale économique sud-africaine, a affirmé que malgré des divergences avec le président sud-africain Jacob Zuma, tous les deux étaient « d’accord sur le but final: Kadhafi doit se retirer pour permettre au peuple libyen de décider de son avenir », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en présence du chef de l’Etat. Pour Jacob Zuma, médiateur de l’Union africaine (UA) sur la Libye, il n’est pas question que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir avec l’appui militaire des alliés. Ce départ doit être négocié. « Ce qui arrivera à Kadhafi doit être décidé par le peuple libyen. Il faut négocier comment, pourquoi, et où il doit aller », a dit la médiateur.

Le ministre français de la Défense Gérard Longuet a déclaré ce mardi dans un entretien à la chaîne France 2 que « le compte à rebours » était « engagé » pour le départ du dirigeant Mouammar Kadhafi en Libye. « Mais je suis d’une prudence de Sioux parce que (Mouammar) Kadhafi n’est pas rationnel et qu’il peut opter pour la stratégie du bunker en prenant en otage la population civile de Tripoli », a poursuivi le ministre.

Le régime libyen dément la prise de Bréga

Sur le terrain, la confusion règne autour du port pétrolier de Brega, ville située à 800 km de la capitale Tripoli. Les rebelles ont affirmé lundi s’être emparés du port, une information démentie par le régime. « Le gros des forces de Kadhafi s’est retiré à Ras Lanouf », à l’ouest de Brega, a déclaré Shamseddine Abdelmolah, un porte-parole des insurgés. Il a précisé qu’il restait 150 à 200 militaires du régime dans la ville occupée. « Brega est complètement sous le contrôle de nos forces, aidées par les tribus et les volontaires, et tout ce qui a été annoncé par le soi-disant Conseil national de transition (CNT, organe des rebelles) relève du mensonge et de la désinformation », a rétorqué le porte-parole de Tripoli, Moussa Ibrahim. Depuis la vaste offensive lancée le 6 juillet, les insurgés libyens espèrent toujours récupérer la capitale Tripoli.