Morsi et le Sinaï : les deux maux de l’Egypte ?

Alors qu’une nouvelle manifestation est prévue ce lundi 15 juillet au Caire, dans la capitale égyptienne, le pays reste secoué par une vague de violence visant les soldats égyptiens dans le Sinaï, où trois civils ont été tués ce lundi matin. Entre-temps, Mohamed Morsi est entre les mains de l’armée pour répondre à de nouvelles accusations criminelles.

Mohamed Morsi est décidément dans de sales draps. Quelques jours après son éviction du pouvoir par l’armée, le Président déchu fait face à une enquête pénale, ouverte par le Parquet du Caire. Les plaintes qui ont été déposées par des particuliers accusent l’ex-Président d’espionnage, d’incitation à la violence et de destruction de l’économie.

Mohamed Morsi n’est cependant pas le seul à être épinglé par la justice. Huit autres responsables du mouvement des Frères musulmans, dont Mohamed Badie, le Guide suprême de la confrérie, sont également dans le collimateur du Procureur de la république.

Détenu depuis sa chute le 3 juillet « dans un lieu sûr », selon les autorités du pays, l’ex-Président égyptien est pour le moment entendu par l’armée. Parmi les nombreuses questions qui lui sont posées, figure celle liée à son évasion de prison en 2011. Une évasion qui reste toujours un mystère. Mais les enquêteurs qui se chargent de cet épineux dossier ne lâchent rien et cherchent à gratter un peu plus pour établir un quelconque lien entre le parti des Frères musulmans et celui du Hamas palestinien ou encore du Hezbollah libanais.

Une situation d’autant plus complexe que le parti des Frères musulmans vient de constater les avoirs de 14 de ses membres gelés par la justice égyptienne. Coup de massue ou tentative d’éliminer les Frères musulmans du jeu politique égyptien ? En tout cas, le parti islamiste semble ne plus être prophète chez soi ces derniers jours. De quoi faire réagir le porte-parole du parti. « Les autorités commettent le crime puis en accusent leurs opposants. Tant qu’il y aura une force de police criminelle et une justice complice, les preuves apparaîtront et les juges seront satisfaits. Et les médias vendront cela au pouvoir », déclare Gehad El Haddad, pote-parole des Frères musulmans.

Le Sinaï, autre équation de taille

Une ambiance délétère qui intervient au moment où l’escalade de la violence gagne du terrain dans le Sinaï. Après la mort d’un soldat et l’assassinat d’un copte par des groupes inconnus la semaine dernière, trois ouvriers du bâtiment ont été tués ce lundi matin par des combattants armés non identifiés. Ces derniers ont aussi blessé 17 autres civils. « Le bus a été attaqué à coups de grenade juste vers l’aéroport El Arish. L’attaque a fait 3 morts et 17 blessés », ont confié les autorités officielles à l’AFP.

Alors que pro et anti-Morsi ont prévu de manifester lundi au Caire, de nouveaux affrontements sanglants sont à craindre. La visite, ce lundi, du diplomate américain William Burns, risque de ne pas changer grand chose, les pro-Morsi restant campés sur leur position de poursuivre le bras de fer jusqu’au bout, à leurs risques et périls. Jusqu’à ce que l’ancien Président soit réinstallé à la tête du pays.