Mondial 2026 : billets hors de prix, les Sénégalais dénoncent une passion devenue inaccessible


Lecture 4 min.
Les supporters sénégalais dénoncent la cherté des billets au Mondial
Les supporters sénégalais dénoncent la cherté des billets au Mondial

À l’approche du match Sénégal–France du 16 juin, les prix des billets, compris entre 300 000 et 600 000 francs CFA, suscitent de nombreuses réactions. Dans les échanges, les supporters évoquent des tarifs trop élevés, les contraignant à renoncer au déplacement pour suivre leur équipe au stade.

Correspondance particulière,

À quelques heures du choc entre le Sénégal et la France, prévu ce 16 juin pour le premier tour de la Coupe du monde 2026, une autre bataille se joue loin des pelouses. Celle des billets. Affichés entre 300 000 et 600 000 francs CFA, les prix pour assister à la rencontre suscitent incompréhension et frustration chez de nombreux supporters sénégalais. Dans les discussions, une même réalité revient : suivre les Lions dans les tribunes devient un luxe que beaucoup ne peuvent plus se permettre.

Dans les rues de New-York, les conversations s’enchaînent autour de ces montants jugés trop élevés. « Même en économisant pendant des mois, ce n’est pas évident », confie Abdou Diop, les yeux rivés sur son téléphone où circulent les tarifs. Il explique avoir envisagé le déplacement avant de renoncer face aux coûts : « Le ticket, c’est un obstacle », ajoute-t-il. Chez les amateurs de football, la déception est palpable.

Une passion freinée par les prix des billets

« On attend ces moments pendant des années, et au final on regarde ça à la télévision », lâche Fama Niang, immigrée aux États-Unis depuis 12 ans. Elle évoque le rêve de vivre une Coupe du monde dans un stade, au plus près de l’ambiance, mais se heurte à une réalité financière difficile à contourner. Ousmane Ndiaye insiste sur l’écart entre les revenus moyens et les tarifs affichés. « 300 000 francs, c’est déjà énorme. 600 000, c’est hors de portée pour beaucoup », dit-il.

Selon cet électromécanicien, ces prix excluent une grande partie des supporters qui suivent pourtant l’équipe. Certains expliquent avoir envisagé des solutions pour assister au match, sans succès. « J’ai pensé à casser ma tirelire, mais pour un match, ça ne vaut pas le coup », reconnaît Seydou Ndoye. Il précise que la priorité reste les dépenses quotidiennes, notamment au moment où le coût de la vie est régulièrement évoqué.

La contrainte au choix des écrans

Fatou Wade partage le même constat. « On a des responsabilités. On ne peut pas mettre autant d’argent dans un billet », affirme-t-elle. Elle souligne qu’elle préfère envoyer cet argent à sa famille restée au pays que de mettre ce montant pour l’achat d’un billet. Face à ces tarifs, beaucoup se résignent à suivre la rencontre à distance. « On va se regrouper pour regarder le match ensemble », explique un supporter.

Pour lui, l’essentiel reste de soutenir l’équipe, même sans être présent dans le stade. Dans plusieurs foyers d’immigrés sénégalais, l’organisation se met déjà en place. « On prépare ça comme une fête », raconte une mère de famille. Elle évoque les rassemblements devant la télévision, où l’ambiance tente de compenser l’absence dans les tribunes. Le sentiment d’exclusion revient dans de nombreux témoignages. « On a l’impression que ce n’est plus pour nous », glisse un interlocuteur.

Une frustration largement partagée

Un autre renchérit : « Ce sont les passionnés qui devraient remplir les stades. Mais avec ces prix, ce sont surtout ceux qui ont les moyens ». Il regrette une évolution qui éloigne les supporters de leur équipe nationale. Malgré la déception, le soutien aux Lions reste intact. « Peu importe où on est, on sera derrière eux », assure Maïmouna, la trentaine. Elle insiste sur le fait que l’attachement à l’équipe ne dépend pas de la présence dans le stade.

Ousmane Ndiaye abonde dans le même sens : « On aurait voulu y être, mais on fera avec ». Il rappelle que l’essentiel reste le match et la performance des joueurs, même si l’expérience du stade reste un rêve pour beaucoup. À Dakar comme ailleurs, l’attente du match Sénégal–France reste forte. Mais pour une grande partie des supporters vivant aux États-Unis, elle se vivra à distance, les yeux rivés sur les écrans, en raison de billets jugés inaccessibles.

Rédaction
La rédaction d'Afrik, ce sont des articles qui sont parfois fait à plusieurs mains et ne sont donc pas signés par les journalistes
Newsletter Source préférée