Mondial 2026 : au Maroc, une défaite acceptée mais pas totalement digérée


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Achraf Hakimi et Kylian Mbappé
Achraf Hakimi (Maroc) et Kylian Mbappé (France)

Battus 2-0 par la France jeudi 9 juillet à Boston, en quart de finale du Mondial 2026, les Lions de l’Atlas quittent la compétition la tête haute. La presse marocaine reconnaît la supériorité des Bleus et salue le parcours des Lions. Cependant, le Maroc a-t-il vraiment pu montrer sa valeur ?

Le Maroc rêvait d’une revanche quatre ans après la demi-finale perdue au Qatar,. Les Lions de l’Atlas retrouvaient la France avec l’ambition de confirmer qu’ils avaient changé de dimension et qu’ils étaient désormais du côté des favoris. Mais le verdict est tombé jeudi 9 juillet au stade de Boston avec une défaite 2-0, sur des buts de Kylian Mbappé (60e) et d’Ousmane Dembélé (66e), et une élimination en quart de finale du Mondial 2026. Au lendemain du match, la presse marocaine n’instruit aucun procès. Elle prend acte de la supériorité française et retient qu’une nouvelle fois, l’équipe n’a rien lâché.

« Avec les honneurs » : la fierté d’abord

Dans Le Matin, l’angle est celui de la fierté nationale. Le quotidien qualifie le parcours de « remarquable » et insiste sur le fait que les Lions quittent le tournoi « avec les honneurs ». Le Maroc a tenu près d’une heure face à l’un des favoris, grâce à son organisation défensive et à un grand Yassine Bounou, auteur d’un arrêt sur penalty devant Kylian Mbappé à la 28e minute. Le journal rappelle aussi le chemin parcouru dans ce Mondial élargi à 48 équipes : deuxième du groupe C, le Maroc a ensuite écarté les Pays-Bas en seizièmes de finale, puis le Canada en huitièmes. Sa présence dans le haut du football mondial n’a plus rien d’un accident.

Une équipe qui n’a pas pu s’exprimer

Les médias sportifs du Royaume posent un regard plus critique sur le contenu du match. Le360 Sport décrit une France plus réaliste, capable de verrouiller ses temps forts, et souligne que les coéquipiers d’Achraf Hakimi ne sont jamais parvenus à imposer leur jeu. C’est là que se loge la déception marocaine car au-delà du résultat, l’équipe a semblé bridée, sans jamais dérouler ce qu’elle sait faire. Les circonstances y ont contribué. Privé d’Ismael Saibari et de Chadi Riad, forfaits, Mohamed Ouahbi a dû composer avec un effectif amoindri face à l’un des adversaires les plus complets du tournoi.

Le sélectionneur a reconnu la supériorité française, évoquant un adversaire de très haut niveau et une première période particulièrement difficile pour ses joueurs. Nommé en mars, quatre mois seulement avant le tournoi, pour succéder à Walid Regragui, Mohamed Ouahbi a surtout défendu la continuité du projet. La presse arabophone, dont Al3omk, relaie son message d’après-match expliquant que cette défaite ne doit pas « briser » la dynamique des Lions. Au micro de beIN Sports, il s’est projeté de façon positive, « Bien sûr que le futur, si on continue comme ça, il sera beau. » Le Maroc, champion d’Afrique en titre et désormais habitué des grands rendez-vous, entend apprendre de ce type de match pour viser plus haut.

Le sentiment d’inachevé traverse aussi le vestiaire. Ayyoub Bouaddi, 18 ans, qui a opté pour le Maroc quelques semaines avant le tournoi après avoir porté les maillots des sélections de jeunes françaises, s’est dit « triste, déçu et frustré ». Le milieu de Lille a pointé un manque de fraîcheur, en particulier dans la récupération et les transitions. Dans le camp marocain, la défaite n’est donc pas mise sur le seul compte du talent français : l’équipe n’a pas soutenu l’intensité qu’il aurait fallu pour faire basculer la rencontre.

Vu de France, une domination assumée

Dans l’Hexagone, L’Équipe a résumé la soirée des Bleus par l’image d’une équipe longtemps inefficace avant de s’emballer, portée par Mbappé et Dembélé après une heure de domination stérile. Le Parisien s’est davantage intéressé à la réaction marocaine, notant que la presse du Royaume reconnaissait largement la mainmise française sur le match tout en saluant le parcours des Lions.

Le Maroc n’est plus commenté comme un outsider héroïque, il est désormais jugé à l’aune de ce qu’il revendique, une grande nation du football, avec les attentes qui vont avec. La défaite face à la France ne fait pas débat. Le regret porte sur ce quart de finale attendu comme un test de maturité, où l’équipe n’a pas pleinement joué sa carte. C’est à cette exigence-là que le projet de Mohamed Ouahbi sera désormais mesuré.

Amadou Atar
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Amadou Atar est une référence dans le monde du football africain. Il est précis et objectif dans ses articles, même si on ne peut lui enlever un penchant historique pour le mythique club français de Saint-Etienne où sont passés plusieurs des plus grands joueurs africains de l'histoire
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