Mondial 2006 : l’Afrique a-t-elle été exclue par triche ?

L’abstention douteuse du Néo-zélandais Charlie Dempsey a provoqué fureur et consternation en Afrique et en Océanie. L’Allemagne et l’Afrique du sud ont lancé leurs enquêtes.

Le scrutin du comité d’attribution de la Coupe du monde 2006, qui a débouché hier sur la victoire-surprise de l’Allemagne aux dépens de l’Afrique du sud, a-t-il été honnête et sincère ? Les doutes à ce sujet se font de plus en plus pressants, alors que Charlie Dempsey, le membre néo-zélandais du comité, s’est abstenu de voter au troisième tour, bafouant ainsi le mandat de voter pour l’Afrique du sud que lui avait donné la confédération océanienne.

L’abstention de Dempsey a été décisive. Si l’Afrique du sud et l’Allemagne – qui n’ont été séparées que d’une voix à l’issue du vote – avaient obtenu le même nombre de voix, c’est la Rainbow nation qui aurait été désignée, grâce à la voix prépondérante de Sepp Blatter. Le président de la FIFA a en effet indiqué depuis des mois sa préférence pour une candidature africaine à l’organisation du Mondial 2006.

Dérive personnelle

Plusieurs faits, indiquant que le vote a peut-être été entaché d’irrégularité, ont conduit la FIFA, mais aussi l’Afrique du sud et même la fédération allemande de football (DFB) à lancer une enquête. Tout d’abord, la FIFA a fait état d’une télécopie glissée sous les portes des chambres des membres du comité de sélection. Le document contenait une série de promesses de l’Allemagne en cas de victoire…

La ficelle était un peu grosse : cet après-midi, le journal satirique Titanic, publié à Francfort, a revendiqué l’envoi de ces fax. Les facétieux journalistes allemands sont même allés, dans un second fax, jusqu’à promettre des millions de saucisses au nom du comité de candidature germanique.

Reste l’irresponsable, l’inexplicable abstention de Dempsey. La décision du patron du foot kiwi a suscité la consternation dans son propre pays.  » Jamais Dempsey n’a déçu autant de monde en si peu de temps « , grinçait la télévision néo-zélandaise. De son côté, le président de la fédération australienne a jugé urgent que l’Océanie  » se débarrasse  » de Dempsey, en l’obligeant à se démettre de ses fonctions.

Au printemps, Dempsey avait été accusé de corruption par les instances du football sud-africain. Cela n’a pas empêché le président de Soccer New Zealand d’accepter le mandat qui lui a été donné de voter pour l’Afrique du sud à Zürich. Ce qui est arrivé ensuite, véritable coup de pied de l’âne, peut-il n’être que la dérive personnelle d’un homme seul qui méprise les espoirs de millions d’autres ? Charlie Dempsey, pour sa part, a plutôt évoqué  » une pression insupportable « . La BBC pense qu’il s’agit de menaces de mort. S’il y a lieu, la justice le dira la suite éventuelle de cette histoire.