Miss prison au Kenya

L’officier en charge de la prison pour femmes de Langata, au Kenya, est l’initiatrice d’un concours de beauté pour les détenues. Wanini Kireri explique avoir ainsi voulu aider les détenues à avoir une meilleure estime d’elle même, ce qui n’est pas toujours facile dans l’univers carcéral.

Fatia Wairimu a été élue miss Langata 2005. « Qu’est-ce que c’est que Langata ? », vous demandez-vous. Et bien, c’est une prison pour femme située au Kenya. Le cerveau de ce concours insolite est Wanini Kireri, l’officier en charge de ce centre de détention. Objectif : permettre aux détenues de garder leur féminité et leur amour propre dans un univers carcéral qui ne s’y prête pas toujours.

Ce concours annuel entre dans le cadre du programme de réforme des prisons kenyanes, initié par le gouvernement. Une mesure qui vise notamment à améliorer les conditions de détention. Ainsi, l’initiative de Wanini Kireri arrive à point nommé. « La prison a des conséquences néfastes sur les femmes. Avec ce concours, nous avons voulu que les femmes aient plus confiance en elles, que leur amour propre soit relevé, qu’elles aient plus le moral », explique avec beaucoup de simplicité la créatrice de la manifestation.

Des produits de beauté et une formation pour la gagnante

Miss Langata en est à sa deuxième édition. Fatia Wairimu a remplacé à ce titre, il y a environ deux semaines, Wanja Milka. Mais avant d’être couronnée, la jeune femme de 24 ans, a dû affronter 29 femmes sélectionnables puis 11 finalistes. « Les femmes ont défilé dans deux tenues différentes, qu’elles avaient cousues elles-mêmes. L’une était une tenue traditionnelle qui se basait sur ce qu’aurait pu être le costume national du pays et l’autre était une tenue classique. Les détenues étaient maquillées par le Vera Beauty College, l’un de nos partenaires. Le matériel pour fabriquer les vêtements étaient fournis par certains de nos partenaires », précise Wanini Kireri. D’autres partenaires étaient représentés par les six membres du jury, qui appartiennent à diverses organisations ayant trait à la mode, aux droits humains ou encore à l’enfance.

La gagnante a remporté des produits de beauté qu’elle utilisera dans l’enceinte de la prison. Elle poursuivra également, de même que les 11 autres finalistes, une formation de réhabilitation qui devrait l’aider à trouver un emploi. Et elle ne sera pas seule pour accomplir cette tâche : les organisateurs du concours entendent bien lui donner un coup de pouce.