Migrants contre le sida : dénoncer et agir

Objectif du collectif Migrants Contre le Sida : être solidaire avec les personnes séropositives d’origine arabe et africaine qui sont pour la plupart exclues des circuits traditionnels d’accès aux soins. Deux volets principaux : la dénonciation et l’action concrète.

Les séropositifs d’origine arabe et africaine ont trouvé un allié : le collectif Migrants Contre le Sida->http://www.aegis.com/maha] (MCS). But de la structure :  » Soutenir la mobilisation des malades et mobiliser leurs proches. Nous ne pensons pas que l’assistanat soit la solution, nous préférons soutenir les initiatives et les démarches, si possible collectives. Notre groupe rencontre bien sûr des limites dues à sa petite taille, et on insiste pour ne pas faire croire que l’on a toutes les solutions, mais jamais nous ne laissons une personne dans l’isolement « , explique Reda Sadki, l’un des fondateurs du collectif.

Outre le noyau dur composé d’une dizaine de personnes, il bénéficie d’un réseau assez large de gens qui le soutiennent activement.

Depuis plus de cinq ans, MCS multiplie ses moyens de communication. En plus d’une émission de radio hebdomadaire, ils sont présents dans les hôpitaux parisiens et ceux de banlieues :  » Nous y laissons notre lettre d’information, accessible pour les malades concernés « , poursuit Reda. Une permanence téléphonique leur permet d’être en contact direct avec les gens, et ils diffusent beaucoup d’informations sur leur site Internet.  » Avec Internet, nous posons le problème sur la place publique et devant ce que j’appelle  » l’aristocratie  » des associations de lutte contre le sida. Nous demandons à ceux qui ont des connexions Internet de rediffuser l’information autour d’eux.  »

Se battre contre les clichés

Le dernier volet de l’action du collectif : les ateliers de formation. Le dernier a eu lieu le 21 juin 2000. Ces réunions avec des personnes séropositives d’origine maghrébine et africaine, permettent d’aborder des sujets qui touchent à la vie quotidienne des malades (le suivi médical, le droit au logement, la couverture maladie universelle, les aides…) :  » Nous sommes passés d’une prise de contact individuelle à des discussions collectives. C’est véritablement l’aboutissement de notre logique de mobilisation  » explique Reda.

MCS tente, par ces actions engagées, de faire taire clichés et présomptions :  » Nous voulons montrer que les gens concernés sont prêts à se mobiliser. Nous nous battons contre les traitements dégradants et avilissants que les malades émigrés rencontrent à chaque pas de leur vie quotidienne, notamment au sein des services sociaux.  »

Grain de sable dérangeant

Grain de sable dans la machine bien huilée des associations d’aide aux malades et de lutte contre le sida, MCS dérange, forcément.  » Les associations classiques font partie de nos plus fidèles auditeurs . Aujourd’hui, nous sommes reconnus. Nous sommes infréquentables mais incontournables. On ne peut pas ignorer les campagnes que nous menons contre les discriminations dont sont victimes les malades précaires par exemple.  »

Et grâce à cette tenacité, MCS obtient certaines choses :  » Pour l’histoire du Moulin Joly – un centre de soins aux pratiques discriminatoires, ndlr -, nous avons réussi à obtenir que la Dass ouvre une enquête sur l’établissement.  » MCS dénonce depuis 1998 Sida Info-Service, une antenne téléphonique qui existe depuis 11 ans et qui est censée écouter et conseiller tout le monde. Pourtant pas moyen de converser en arabe ou dans une autre langue que le français. Suite à la dénonciation de la situation par MCS, Sida Info-Service à édité une brochure  » Migrants etVIH  » que le collectif leur proposait depuis deux ans. Puis ils ont engagé une dizaine d’écoutants noirs et arabes.  » Ce sont des acquis, mais il faut aller plus loin « , lance Reda. Le combat est loin d’être terminé.