Michel Pinheiro fête la salsa

Le salsero béninois Michel Pineihro est pour la première fois ce samedi sur une scène parisienne. Avec son deuxième album Agoh, le tromboniste vibre et fait vibrer, avec son groupe Ayo’mbê, au son de la salsa.

« Pinheiro. Michel Pineihro ! », pourrait-il dire pour se présenter, à l’image du célèbre agent, en se débarrassant du sombrero clair qu’il aime arborer. L’artiste béninois est un agent double au service du reggae et de la salsa. Ses armes : son trombone et sa voix. Il est le chef d’orchestre des « Djelys », le groupe qui accompagne reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly. Mais le tromboniste est avant tout un salsero. La salsa, c’est la musique qui fait battre son cœur. « Comment peut-on expliquer l’amour d’un homme pour l’élue de son cœur ? », rétorque-t-il quand on l’interroge sur sa passion. Faire de la salsa équivaut aussi à se rapproprier une musique née sur le continent. « La rythmique de la salsa est inspirée des rythmes vaudou du Bénin. Je me suis d’ailleurs évertué à le faire ressentir dans mon dernier album en essayant de faire écho avec des éléments de la culture musicale béninoise.»

Agoh, qui signifie « fête » en yoruba (langue nigériane que l’on parle également Bénin), est une aventure musicale où l’on célèbre les femmes, dénonce le drame des enfants-soldats tout en rendant hommage à la vie. Ce deuxième opus, sorti en 2006, signe le retour de Michel Pinheiro à ses premières amours. « J’avais fait un peu de tout dans mon premier album Espoir(1999). Le deuxième est, lui, entièrement salsa. J’en prépare un troisième album en hommage à mon père spirituel Mamadou Doumbia. Il devrait être disponible courant 2009.» La découverte du trombone, l’artiste béninois la doit à son mentor. Michel Pineihro a rencontré Mamadou Doumbia, une figure éminente de la musique ivoirienne, à Abidjan en 1992. Un tournant décisif pour le jeune homme qui se consacre à la musique depuis son plus jeune âge.

Michel Pineihro est né le 25 septembre à Pobè, dans le Sud du Bénin. Il fait ses classes en tant que musicien à la chorale de sa paroisse, puis plus tard dans les orchestres des lycées qu’il fréquente. C’est au prestigieux lycée Behanzin de Porto Novo que sa carrière prend un tournant décisif quand il a l’opportunité de se rendre en Côte d’Ivoire, la plaque tournante de la musique en Afrique de l’Ouest. Sa collaboration avec Mamadou Doumbia, qui le prend sous son aile dès son arrivée, porte ses fruits. Michel Pineihro accompagnera quelques années plus tard de grandes stars ivoiriennes comme Nayanka Bell ou Gadji Celi. En 1996, son chemin croise, cette fois-ci, celui d’un jeune reggaeman : Tiken Jah Fakoly. « Il était venu chez Mamadou Doumbia pour préparer un concours.» L’artiste béninois lui suggère alors d’introduire des cuivres dans ses compositions. Une proposition qu’accepte Tiken Jah Fakoly et qui singularise son premier album. « Nous formons aujourd’hui une grande famille. Ce qui me permet de m’organiser et de gérer une carrière tout en étant le chef d’orchestre des « Djelys » ».

Aujourd’hui, alors que la salsa semble être un peu tombée en désuétude en Afrique de l’Ouest, Michel Pineihro fait revivre au Bénin une musique longtemps incarnée par son aîné Gnonnas Pedro. Un des artistes, à l’instar de Roberto Torres, de Nat King Cole ou de Louis Armstrong, qui ont inspiré Michel Pinheiro. « Les jeunes générations ne sont pas portées vers le salsa. Il n’y a plus d’orchestres dans les lycées comme à mon époque pour les y intéresser. Cela m’a beaucoup aidé. La salsa est une musique assez compliquée, qui nécessite de l’investissement. Les producteurs ne la soutiennent pas non plus. Si on les attendait, on ne produirait rien.» Avec son orchestre Ayo’mbê (« Il y a de la joie » en yoruba), Michel Pinhero continue de prêcher la bonne parole de la salsa. Il est ce samedi sur la scène du Théâtre de verre, sa première scène parisienne depuis la sortie de son album. Une bonne occasion de découvrir le salsero béninois.

Michel Pinhero au Théâtre de verre

 Le Théâtre de verre

5, Impasse Bonne Nouvelle 75010

De 21 à 2h, samedi 28 février 2009

 Entrée : 8 euros