Meurtre de Londres : le MI5 aurait-il négligé le danger Micheal Adebolajo après son arrestation au Kenya en 2010 ?

Le meurtre de Lee Rigby, un jeune soldat britannique de 25 ans à Londres ce 23 mai, continue de défrayer la chronique en Angleterre. Une semaine après l’attaque, des rumeurs faisant état de l’arrestation de Micheal Adebolajo, le principal suspect, au Kenya en 2010, sèment le trouble et remettent en cause le travail des services de renseignement britanniques, qui auraient négligé le danger que représentait cet individu

Micheal Adebolajo est bien connu par les services de renseignements kényans. L’homme, d’origine nigériane, qui a consterné l’Angleterre toute entière, en poignardant un soldat britannique à coup de couteau et de hachoir, ce 23 mai avait été arrêté en 2010, selon Lemonde.fr.

L’information sur son arrestation en 2010 par les services secrets kényans a été confirmée par le ministère kényan des Affaires étrangères. Micheal Adebolajo tentait en effet de combattre aux rangs des islamistes Chebabs, mais son objectif n’a pas été atteint. Il a été extradé vers son pays d’origine.

Les services de renseignement britanniques sur la sellette

Le principal suspect avait été arrêté au Kenya en compagnie de sept autres, après avoir débarqué à Pate, une ile kényane située à une soixantaine de kilomètres de la Somalie, fief des islamistes Chebabs. Juste après son arrestation, des membres de sa famille affirment que Micheal Adebolajo « avait été molesté par les agents du MI5 (service de renseignement britannique) ».

Ces derniers auraient fait pression sur lui pour qu’il devienne un de leurs agents secrets, en infiltrant les groupes islamistes, rapporte le journal britannique TheIndependent.co.uk. Un ami de Micheal Adebolajo, interrogé par la BCC, précise que les agents du MI5 ont par ailleurs tenté de recruter ce dernier il y a six mois et que son principal complice, durant le meurtre du soldat britannique ce 23 mai dernier, avait également été arrêté par la police anglaise il y a deux mois.

Sir Malcolm Rifkind, chef des services de renseignements britanniques et ancien homme politique, a fait savoir que de nouveaux moyens seront utilisés afin de contraindre les services de renseignements à transmettre toute information confidentielle relative à ce dossier. Le patron du MI5, Andrew Parker, fournira pour sa part un rapport détaillé sur cet incident, avant de s’expliquer devant les services de renseignements.

Vers un choc des civilisations ?

Le meurtre du jeune britannique la semaine dernière risque de raviver les tensions en Grande Bretagne. D’après un récent sondage publié par le journal Britannique The Guardian, environ 2/3 des britanniques croient qu’il y aura « un éventuel choc des civilisations ». Un choc des civilisations qui opposera musulmans britanniques et population blanche dans les jours, voire les années à venir. Faith Matters, un service d’assistance téléphonique, déclare avoir enregistré 162 appels depuis l’attaque perpétrée la semaine dernière, soit environ 6 appels en moyenne par jour. Samedi dernier, la Ligue de Défense Anglaise, groupe d’extrême droite, a organisé une marche dans les rues de Newcastle, qui a attiré des milliers de sympathisants.

Face à la montée de la violence et une éventuelle collision entre les différentes communautés en Angleterre, le gouvernement britannique se montre ferme et intrépide. « Quiconque cherchant à semer la division au sein de nos communautés est à la solde des extrémistes. Des actes inconscients de violence envers quelconque communauté n’arrangent personne. Des gens sont en train d’instrumentaliser cette violente attaque de Woolwich pour attiser la haine, la violence et l’extrémisme. Nous ne devons pas les laisser faire », a martelé Yvette Cooper, ministre britannique de l’intérieur.