Meurtre de Ghislaine et Claude : marche de protestation des journalistes maliens

Les journalistes maliens ont organisé, ce lundi après-midi, une marche dans les rues de Bamako pour protester samedi contre l’assassinat à Kidal de leurs confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Ils ont exprimé leur indignation face à ce double meurtre et affirmé leur message de soutien à la rédaction de RFI et aux familles des victimes. Afrik.com a recueilli leurs témoignages.

Ils se sont réveillés ce matin le cœur gros. Le ventre noué. Indignés ! Désemparés ! L’incompréhension ! Tels sont les sentiments que ressentent actuellement les journalistes au Mali suite à l’assassinat à Kidal de leurs confrères de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon. A l’appel de la Maison des journalistes du Mali, ils ont organisé cet lundi après-midi une marche jusqu’à l’ambassade de France pour exprimer leur colère et indignation face à ce qu’ils considèrent comme une ignominie. L’émotion est d’autant plus vive que la plupart connaissaient Ghislaine Dupont louée pour ses compétences et sa grande rigueur.

« Nous sommes désemparés »

La voix encore rauque ce matin, submergé par l’émotion, le président de la Maison des journalistes du Mali, Makan Koné, ne peut s’empêcher d’exprimer sa rogne ! D’autant qu’il connaissait bien Ghislaine Dupont avec qui il avait travaillé. « Nous sommes très en colère et indignés ! Nous condamnons fermement ces assassinats ! », affirmant que tous les journalistes du Mali soutenaient la rédaction de RFI et les familles des victimes. Même son de cloche pour son confrère Diamatio Moriko, président de l’Union des radios et télévisions du Mali (URTEL), qui ne cache pas son désarroi. « Nous sommes désemparés et complètement effarés. Je ne pensais pas que des journalistes de RFI pourraient être victimes d’un tel drame ».

Le responsable de presse connaissait aussi Ghislaine Dupont. « Je la connaissais depuis très longtemps. J’ai toujours apprécié ses reportages en RDC. C’était une référence pour nous tous. C’est une grande perte pour RFI mais aussi pour la profession ». Selon lui, « en fait je n’arrive pas à comprendre ! Non, je ne comprends pas ! Qu’est ce que cette dame a fait pour qu’on s’en prenne à elle. Ils ont mal choisi leurs cibles. Ghislaine et Claude ne méritaient pas ça ! Ils étaient simplement là pour faire leur travail ».