Menaces sur le Sommet Afrique/Europe de Lisbonne

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, menace de boycotter le second Sommet Afrique/Europe, prévu le 8 décembre prochain à Lisbonne au Portugal, si le Président Robert Mugabé du Zimbabwe y est invité, a-t-on appris de source officielle à Bruxelles.

Selon un porte-parole européen, Londres en a informé tous les Etats membres de l’Union européenne, tout en reconnaissant l’importance de cette conférence, la deuxième du genre depuis le Sommet du Caire en 2000.

Assurant le présidence en exercice de l’Union européenne, le Portugal a fait de la tenue de ce Sommet une de ses priorités. La diplomatie portugaise mène d’intenses consultations avec les pays de l’Union africaine (UA) pour parvenir à un compromis. Il s’agit de convaincre le Président Robert Mugabe à se faire représenter par un ministre ne figurant pas sur la liste noire des 98 dirigeants zimbabwéens interdits de séjour en Europe.

Pour l’Union européenne, il est nécessaire d’approfondir les relations avec l’Afrique, notamment pour combattre l’immigration clandestine et lutter contre le sous-développement, mais aussi pour contrer l’influence grandissante de la Chine qui conquiert chaque jour des parts de marchés importants dans les pays africains, a fait savoir le porte-parole.

Aussi, l’Union européenne tient-elle à la tenue du Sommet au plus haut niveau avec les chefs d’Etat d’Afrique.

On rappelle que lors du premier Sommet Afrique-Europe du Caire, les chefs d’Etat et de gouvernement africains et européens avaient convenu de tenir un sommet tous les deux ans, fixant en avril 2003 à Lisbonne au Portugal le second sommet du genre.

Mais cette conférence fut annulée, les présidents africains, solidaires de leur homologue zimbabwéen, avaient décliné l’invitation de se rendre à Lisbonne.

Selon les dispositions prévues, le Portugal, pays organisateur du sommet, devrait envoyer, vers la mi-octobre, les invitations aux 53 chefs d’Etat africains, y compris le président Robert Mugabé du Zimbabwé.

D’Accra, Akwasi Osei Adjei, le ministre des Affaires étrangères du Ghana, dont le pays assure la présidence de l’Union africaine (UA), a fait savoir que les chefs d’Etat africains y compris Robert Mugabe assisteront au Sommet Afrique-Europe de Lisbonne. « Il serait injuste de ne pas inviter un membre de l’Union africaine », a tenu à souligner le chef de la diplomatie ghanéenne.

L’Union européenne avait décrété, en 2002, des sanctions ciblées contre le régime de Harare, suite à la politique de réformes agraires accélérées, pratiquée par le gouvernement du Président Robert Mugabe, visant à exproprier, de force, les agriculteurs blancs de leurs exploitations qui sont remises aux vétérans des la ZANU-PF, le parti au pouvoir au Zimbabwe.

En vertu de ces mesures, 98 dirigeants zimbabwéens sont frappés d’un « Travel ban », (interdiction de visa) par les 27 pays membres de l’Union européenne. Au mois de février dernier, Bruxelles a reconduit, pour un an, les sanctions ciblées contre le Zimbabwe.