Mauritanie : un sit-in de l’opposition violemment dispersé

La police mauritanienne a dispersé, tôt ce jeudi, un sit-in organisé par l’opposition sur la place de la mosquée Ibn Abbas, à Nouakchott. Les manifestants réclament le départ du président en place, Ould Abdel Aziz.

Un sit-in de l’opposition mauritanienne a été violemment dispersé ce jeudi matin en plein centre de la capitale, Nouakchott. Alors que les contestataires, qui exigent le départ du président Ould Abdel Aziz, étaient rassemblés sur la place de la mosquée Ibn Abbas, les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour déloger plusieurs centaines de personnes. La veille, une manifestation regroupant plusieurs milliers de personnes avaient eu lieu. Le leader du Rassemblement des Forces démocratiques, Ahmed Ould Daddah, l’ex-président mauritanien, Ely Ould Mohamed Vall, et le dirigeant des Islamistes modérés, Jemil Mansour, étaient en tête du cortège.

A l’issue de la marche, les opposants au président Ould Abdel Aziz ont prolongé la contestation en organisant ce sit-in. De violents affrontements entre la police et les frondeurs ont eu lieu. Des dizaines de personnes ont été blessées, dont une femme enceinte qui aurait perdu connaissance avant d’être évacuée en urgence à l’hôpital. Par ailleurs, plusieurs opposants ont été arrêtés. Avant l’assaut, la direction générale de la sûreté affirmait craindre « une victoire médiatique de l’opposition en cas d’utilisation de la force », a confié une source policière à Alakhbar. Les accrochages entre la foule et les forces de l’ordre ont duré près d’une heure.

Le sit-in qui devait être permanent n’a finalement duré que quelques heures, affirme alakhbar.info. Hormis la présence de la police antiémeute, la place de la mosquée est déserte depuis 6 heures du matin.