Mauritanie/Sénégal : un fleuve de discorde

Des différends sur la gestion commune des eaux du fleuve Sénégal créent une forte tension entre Dakar et Nouakchott. Les Sénégalais vivant en Mauritanie ont 15 jours pour quitter le territoire. Le Maroc appelle les deux parties à la retenue.

Cela chauffe entre le Sénégal et la Mauritanie, après que le nouveau président en place à Dakar, Abdoulaye Wade a récemment mis en place un vaste plan d’irrigation des vallées fossiles à partir du fleuve Sénégal. La Mauritanie également riveraine craint de voir sa principale source en eau douce s’évaporer dans le désert au profit des Sénégalais.

L’agence officielle mauritanienne s’en est prise à  » l’arrogance «  de l’administration Wade, considérant que les pompages du Sénégal pour ses besoins propres aboutissent à l’assèchement de la rive mauritanienne du fleuve et la destruction de nombreuses terres arables.

Entretiens infructueux

Les entretiens qui se sont déroulés hier à Nouakchott (capitale de la Mauritanie), entre le président mauritanien, Maouya Sid’Ahmed Ould Taya et le Premier ministre du Sénégal, Mustapha Niasse, n’ont pas réussi à dénouer la crise : selon l’agence PANA, des policiers agissant sur ordre des autorités de Nouakchott ont donné 15 jours aux Sénégalais vivant sur le territoire pour quitter le pays. De même source, cette mesure serait intervenue quelques heures après la rencontre entre les officiels des deux pays.

Le roi du Maroc Mohamed VI, serait par ailleurs intervenu personnellement pour appeler les acteurs de la crise  » à la retenue «  a indiqué l’Agence Maghreb-Arab-Presse en dépit des déclarations d’apaisement qui fusent depuis la capitale du Sénégal.

Ce regain de tension coïncide avec la multiplication d’incidents entre forces de sécurité et pêcheurs sénégalais qui viennent traîner clandestinement leurs filets dans les eaux territoriales mauritaniennes.

En 1989, des affrontements communautaires avaient failli entraîner les deux pays dans une guerre ouverte.