Mauritanie : reprise délicate du dialogue entre le pouvoir et l’opposition

Après quatre ans d’impasse politique, le pouvoir et l’opposition mauritanienne décident de renouer le dialogue afin de trouver une issue à la crise politique dans le pays. Une première rencontre a eu lieu ce dimanche. Une seconde devrait avoir lieu aujourd’hui.

Comment évoluera la reprise du dialogue entre le pouvoir mauritanien et l’opposition ? C’est en effet après quatre ans de cohue que les deux parties ont décidé de se réunir pour trouver une issue aux discordes politiques. Face à un Mohamed Ould Abdel Aziz passif face aux nombreuses manifestations hostiles à son pouvoir ces dernières années, la Coordination de l’opposition Démocratique (COD), par la voie de son délégué, Mohamed Ould Mouloud, a accepté de rencontrer ce dimanche le Premier ministre mauritanien, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Les deux parties ont convenu d’une reprise officielle du dialogue national, avec six représentants pour chacune d’entre elle, dont le premier round doit avoir lieu ce lundi. Au programme des échanges : la Présidentielle de 2014 ainsi que les élections législatives et municipales du 23 novembre. « Le but est d’aboutir à des élections apaisées, inclusives et donc incontestables », explique la Primature, qui souligne que « la tenue de ce dialogue est positive pour le pays et toutes les échéances électorales à venir », rapporte RFI.

Côté pouvoir, la délégation est dirigée par le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Mohamed Yahia Ould Horma, et comprend le président de la coalition des partis de la majorité, des députés et un avocat. En face, la délégation est amenée par le président de l’Union des Forces de Progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud, et le président de la commission politique de la COD et membre du Rassemblement des Forces Politiques (RFD), Ahmed Ould Lafdal, accompagnés par des personnalités de quatre autres partis de l’opposition tels que le président du parti El-Mostaqbal, Mohamed Ould Borbos, le président du parti PLEJ, Ba Mamadou Alassane et Sidi Ould El Kory de l’UNAD.

Le boycott des élections dépendra du dialogue

Cet évènement en Mauritanie a son importance. C’est cette reprise du dialogue qui déterminera si la COD, qui réunit onze partis, participera ou boycottera les prochaines élections. Le président de l’UFP estime que le pays n’est pas encore prêt à organiser des élections. Il plaide pour un report du scrutin. « Nous voulons des élections libres, transparentes et qui permettent à tous les Mauritaniens de voter. Actuellement, les conditions techniques et matérielles ne sont pas remplies. D’autres points, comme la neutralité de l’Etat, nous tiennent aussi à cœur », souligne Mohamed Ould Maouloud.

Les élections législatives, initialement prévues le 12 octobre, avaient été boycottées par la COD, cet été. Le Président mauritanien s’était alors dit prêt à quelques concessions, dont le report des élections au 23 novembre, afin que l’opposition y participe.

Le pouvoir mauritanien a tout intérêt à écouter les parties adverses au risque de se retrouver isolé lors des élections. De nombreuses manifestations ont secoué le pays ces dernières années, infligeant une certaine fragilité à la stabilité du pays. Chose certaine, à l’heure actuelle, le clan d’Abdel Aziz et la COD se retrouvent autour d’une seule et même table, après quatre années de discordes. Brin d’espoir ou trompe l’œil ? A suivre…