Mauritanie : la France appelle au respect des droits des militants anti-esclavagistes

La France a exhorté la Mauritanie au respect des droits des militants anti-esclavagistes.

La France hausse le ton contre l’esclavage qui a toujours lieu en Mauritanie. Paris a exhorté la Mauritanie au respect des droits des militants anti-esclavagistes écroués depuis mi-novembre, suite à une campagne de dénonciation de l’esclavage et qui doivent être jugés prochainement.
« La France suit avec attention la situation de Biram Dah Abeid, le président de l’ONG, et des militants de l’IRA », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal. Paris « rappelle son attachement à la liberté d?expression, d’association et de manifestation pacifique ainsi qu’au respect des droits de la défense et au droit à un procès équitable », a-t-il ajouté, avant d’« encourager la Mauritanie à poursuivre ses efforts en matière de lutte contre l’esclavage ».

Huit militants de l’ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) ont en effet été inculpés et écroués mi-novembre, à la suite de manifestations liées à une campagne contre l’esclavage dans le sud du pays. Leur procès pour appartenance à une organisation non reconnue devait s’ouvrir, jeudi, à Rosso (sud), mais a été reporté d’une semaine après leur refus de comparaître en raison du « non respect des droits de la défense ». De son côté, jeudi, dans une résolution, le Parlement européen avait « fermement condamné le maintien en détention des militants et réclamé leur mise en liberté immédiate en dénonçant des actes de répression de l’opposition politique et de la société civile ».

Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Néanmoins, le phénomène perdure, selon des ONG.