Mauritanie : l’opposition menace de boycotter la prochaine élection

L’opposition mauritanienne s’est fermement opposée à la date fixée, ce week-end, par décret présidentielle, pour la prochaine élection du président de la République. Elle estime que cette décision, prise unilatéralement par le pouvoir, ne la « concerne » pas.

La réaction de l’opposition est vive, après la publication d’un décret présidentiel qui entérine la date du 21 juin comme jour de la prochaine élection du chef de l’Etat. Ce mardi, le chef du parti islamiste du Rassemblement national pour la réforme et le développement, plus connu sous le nom de Tawassoul, Mohamed Jamil Mansour, a menacé de boycotter ce scrutin.

« Impossible de maintenir l’élection présidentielle à la date du 21 juin »

« Il est impossible de maintenir l’élection présidentielle (en Mauritanie) à la date du 21 juin, si nous voulons organiser une élection consensuelle, selon les garanties de transparence demandées par l’opposition  » a-t-il déclaré sur la radio RFI. L’opposition réclame ainsi la formation d’un gouvernement consensuel, la neutralité de l’Etat et la mise en place d’une nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) autonome.

Ce parti des Frères musulmans constitue la deuxième force politique du pays depuis sa participation aux dernières élections législatives et municipales de novembre et décembre dernier. Tawassoul avait alors fait éclater l’unité de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), coalition politique d’opposition qui avait boycotté le scrutin.

Le FNDU a affirmé son « rejet total de l’agenda unilatéral annoncé par le pouvoir »

Le Forum national pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) rassemble certains partis de la COD ayant boycotté ces dernières élections, ainsi que le parti Tawassoul qui a fait son retour au sein de la coalition. Cette coalition a déclaré n’être pas « concernée par la convocation du collège électoral », par l’intermédiaire de son chef de file et ancien Premier ministre mauritanien (2007-2008), Yahya Ould Waghef. « Nous avons a été surpris par cette convocation qui a été faite sans concertation. De ce fait, nous considérons qu’elle ne nous concerne pas », a -t-il encore déclaré.

« Cette élection ne peut avoir lieu qu’à travers un dialogue sérieux »

« Cette élection ne peut avoir lieu qu’à travers un dialogue sérieux. Ce dialogue doit aboutir à un calendrier  électoral consensuel. Sans cela, il n’y aura pas d’élection consensuelle », indique encore Yahya Ould Waghef, selon Alakhbar. Le dialogue politique a encore déraillé, la semaine dernière, quand il a fallu fixer le délai que les différentes partis s’octroyaient pour la période de dialogue. Ce dialogue tripartite rassemblait d’abord le FNUD et la Convergence pour une Alternance Pacifique (CAP) constituée aussi d’anciens partis de la COD qui ont choisi le dialogue avec le pouvoir en 2011 et qui ont participé aux dernières élections de la fin 2013. En face, les partis de la majorité présidentielle étaient présentes.

«  Nous réaffirmons notre disponibilité constante à un dialogue ouvert et sérieux lorsque les conditions et la volonté nécessaires de la part du régime s’y prêteraient », a néanmoins indiqué le FNUD.