Mauritanie : bilan de la crise acridienne

La Mauritanie figure en tête de liste des pays d’Afrique sub-saharienne ravagés par la crise acridienne. En 2004, des milliers d’hectares de récoltes ont été dévastés. L’invasion des criquets a eu des effets importants sur le plan agricole et économique. Bilan de ce fléau sans précédent.

Par Badara Diouf

L’année 2004 aura marqué les autorités mauritaniennes qui ont dues faire face à une immense invasion de criquets pèlerins. La baisse significative de la production agricole est l’héritage laissé par les essaims d’insectes. A ce jour, la Mauritanie essaie de panser ses plaies à coup d’aide internationale pour éviter une éventuelle menace de famine de sa population.

2 741 908 de dollars de fonds

Les criquets pèlerins qui ont envahi l’Afrique sahélienne, durant l’année 2004, laissent après leur passage un goût amer de malédiction biblique. La Mauritanie est au premier rang des pays les plus touchés par la ruée acridienne. Ruée qui a occasionné une baisse considérable de la production agricole du pays. « La rentabilité des terres cultivées a fait une chute de 44% », selon Madame Katy Thiam, chargée de l’information à l’OCHA (bureau de la coordination des affaires humanitaires en Afrique de l’Ouest). Elle ajoute aussi que « 26% de la population mauritanienne a été affectée par la présence des insectes sur le pays ».

Face à ce fléau, les autorités de Nouakchott avaient manqué de ressources matérielles et humaines pour pouvoir combattre efficacement le désastre engendré par les criquets. « Une aide internationale a été octroyée au pays à hauteur de 2 741 908 dollars de la part de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr), de l’Italie, de la Norvège et de la Finlande », confie Katy Thiam. Ainsi une superficie de 1 725 040 hectares a été traitée aux pesticides par voie aérienne. La perte des récoltes, est évaluée à 101 792 tonnes, inquiète jusqu’à ce jour les autorités nationales et internationales.

400 000 personnes menacées de famine

Les conséquences causées par les insectes restent encore palpables et peuvent avoir un impact sur la population nationale. Les spéculations sur les effets de la crise acridienne, considérée comme la pire invasion de ces dix dernières années par les experts, vont bon train. Pour l’année 2005 « la FAO estime que plus de 400 000 personnes sont menacées par le problème et le gouvernement mauritanien avance le chiffre de 900 000 personnes », ajoute Katy Thiam.

La lutte anti-acridienne n’est efficace que par la prévention. Les experts s’accordent à la mise en place de structures de surveillance de la population des criquets. Par cette mesure d’anticipation, on parviendrait à intervenir à temps pour éviter des situations aussi dévastatrices que celle de 2004.

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