Massawa, port d’attaches

L’Unesco accueille à Paris une exposition sur Massawa. Ce port mythique de la mer Rouge mêle les influences de ses colonisateurs : Arabes, Turcs, Egyptiens et Italiens. Portrait historique d’une ville attachante d’Erythrée qui a souffert de la guerre avec l’Ethiopie et se reconstruit aujourd’hui.

Elle a longtemps été la  » perle de la mer Rouge « . Ville mythique située idéalement sur cette voie d’échanges commerciaux depuis la plus haute antiquité. A l’origine, un îlot de roches près de la côte. En arabe, elle s’appelle Musawwa, mot dérivé de metsiwa en langue tigrinya et qui signifie  » appel « . Une légende raconte qu’autrefois les patrons de caravanes arrivant de l’arrière-pays sur la côte devaient héler les gens de l’île pour qu’ils viennent les prendre avec leurs barques. Voilà pour le mythe.

Pourtant, Massawa est bien réelle. Pour s’en convaincre : l’exposition que lui consacre l’Unesco, qui rassemble, à Paris, 110 documents, graphiques et photographiques, ainsi qu’une vidéo de la ville à l’heure contemporaine. Première capitale de l’Erythrée (de 1890 à 1899) avant que celle-ci ne soit transférée à Asmara par le gouverneur Martini, Massawa étonne par son architecture qui mêle les influences de ses différents colonisateurs : Arabes, Portugais, Turcs, Egyptiens, Italiens.

Exposition unique

 » C’est la première fois qu’une exposition, à l’Unesco mais aussi à Paris, est consacrée à mon pays « , note Hanna Simon, ambassadeur d’Erythrée en France.  » La région de Massawa a une histoire très riche. Elle a connu des développements prospères mais aussi des périodes très tristes, comme le tremblement de terre de 1921 qui a totalement détruit le port. Le début des années 90 a été très dur pour la ville qui a subi des bombardements acharnés de la part du gouvernement éthiopien. Bombardements qui ont continué de 1998 à 2000, pendant la guerre entre nos deux pays.  »

Aujourd’hui, Massawa panse ses plaies. Abritant 20 000 habitants en 1991, elle en compte 40 000 à l’heure actuelle. Elle abrite le principal port du pays, troisième port de commerce de la mer Rouge après Djedda et Hodeida. L’archéologue Francis Anfray, entouré d’une dizaine de chercheurs, prépare depuis un an cette exposition patrimoniale qui permet de découvrir cette ville attachante. Après Paris, l’exposition sera cédée à Massawa, le 10 février 2003, à l’occasion du XIIIème anniversaire de la libération de la ville, avant de voyager dans d’autres pays où la diaspora érythréenne est importante comme l’Italie, la Suisse ou l’Allemagne.

Massawa et la mer Rouge – Histoire et culture

Exposition organisée par l’Alliance française d’Asmara (Erythrée), du 20 novembre au 11 décembre 2002, de 9h à 18h, sauf samedi et dimanche.

Unesco 7, place de Fontenoy, 75007 Paris.