Maroc : vers l’abolition de la peine de mort ?

Un colloque organisé par le réseau des parlementaires pour l’abolition de la peine capitale a clôturé ses travaux mercredi 11 décembre. Ce type de débat est quasi-inédit dans l’ensemble de la région MENA.

Les 107 condamnés actuels à la peine capitale au Maroc ont une lueur d’espoir après la clôture des travaux, mercredi dernier, pour l’abolition de la peine de mort dans le pays. Même si le chemin semble être encore long, l’ouverture de ce débat est une première étape et pourrait placer le royaume comme premier pays arabo-berbère à abolir la peine de mort. Pendant deux jours, des avocats, politiciens, ambassadeurs et représentants d’organisations ont défilé au micro pour encourager l’abolition.

Le réseau parlementaire a apporté plusieurs recommandations lors des travaux de clôture. Quelques ambiguïtés du côté du parti de l’USFP, membre actif du réseau, qui a déposé une proposition de loi il y a quelques jours, afin de remplacer la peine capitale par la incompressible sans possibilité de grâce. Une proposition déposée en catimini qui va presque à l’encontre des autres partis du réseau qui exigent purement et simplement la suppression totale de la peine de mort et sans conditions. Le réseau de parlementaires réclame également l’amélioration de la situation des conditions de vie dramatique des condamnés à mort, une grâce pour les 107 condamnés à mort. Il demande aussi que les tribunaux cessent de prononcer des condamnations à mort…

Nombreuses sont les associations de lutte pour les droits de l’Homme qui ont confiance en ce projet, car même si la peine capitale fait toujours partie des dispositions du code pénal marocain, aucune sentence à mort n’a été prononcée depuis 1993. Reste toutefois à convaincre le principal parti d’opposition, l’Istiqlal. Le leader du parti conservateur, Hamid Chabat, est à titre personnel favorable. Ce dernier doit toutefois convaincre les membres de son parti. Le PJD, parti islamiste au pouvoir, reste toutefois convaincu que la peine de mort doit être maintenue comme obligation religieuse, rapporte Media24.com.