Maroc Telecom est bien difficile à marier

Le groupe français Vivendi a été, hier, l’unique candidat à l’achat des 35 % de Maroc Telecom mis en vente par l’Etat chérifien. Sauf surprise de dernière minute, les noces sont faites… mais la dot apportée par le français est maigre.

Le groupe multi-activités à dominante française Vivendi Universal sera, sauf surprise improbable, le futur détenteur des 35 % du capital de Maroc Telecom (ex-Itissalat Al Maghrib, ou IAM) ouverts au secteur privé par le royaume du Maroc. Vivendi a été en effet le seul, hier, à soumissionner au ministère des Finances de Rabat.

Le prix offert par le groupe français est de 23 milliards de dirhams, valorisant l’ensemble de Maroc Telecom à six milliards de dollars. Cette somme est proche du plancher de 20,3 milliards de dirhams fixé par le Maroc. Elle accroît toutefois la valeur totale de l’opérateur public de plus d’un milliard de dollars, par rapport aux principales évaluations qui en avaient été faites.

France Telecom et Telecom Italia, longtemps pressentis, avaient laissé prévoir leur désengagement depuis quelques jours. Michel Bon, PDG de l’opérateur historique français, avait signifié, en novembre, la fin de sa campagne d’acquisitions internationales.

Que fera Vivendi ?

Maroc Telecom est-elle une bonne affaire ? Avec 1 600 000 lignes fixes en 1998 et 120 000 abonnés à son réseau GSM*, l’entreprise s’est plutôt bien acquittée de sa mission de  » service universel  » héritée de la récente période de monopole. Le Maroc n’en est pas moins un pays faiblement relié par téléphone, avec une densité (nombre de lignes pour 100 habitants) de 8,95 % en ville mais de seulement 0,55 % en zones rurales.

La période de transition ouverte par la loi de libéralisation de 1996 a permis une ouverture graduelle du secteur. Mais jusqu’à présent, les nouveaux opérateurs, comme MediTelecom par exemple, se sont surtout concentrés sur le marché de la téléphonie mobile, en faisant porter leur effort commercial sur les catégories de population à hauts revenus.

Il est trop tôt pour savoir quels éventuels infléchissements de la stratégie de Maroc Telecom pourraient être induits par la présence en son sein de Vivendi. Il est possible, notamment, que le français soit, dans un premier temps, un  » actionnaire dormant « , souhaitant surtout affirmer sa présence sur le marché maghrébin.

* note du gouvernement canadien, début 2000