Maroc-Sahara occidental : rendez-vous le 22 novembre… sans l’Algérie !

Le dossier du Sahara occidental est si complexe qu’il ne suffit pas d’un tête-à-tête de quelques heures pour espérer le boucler. C’est ce qu’a sans doute compris le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui a visiblement préféré esquiver cette affaire et la laisser au numéro un des Américain, Barack Hussein Obama. Ce dernier, hôte de Mohammed VI le 22 novembre, tentera sans doute de sauver les meubles.

John Kerry n’a certes pas la veine, mais il semble avoir le flair. En effet, arrivé dans la région au moment où les relations entre l’Algérie et le Maroc sont des plus délétères, le Secrétaire d’Etat américain, qui n’avait pas beaucoup de temps à passer avec les dirigeants des deux pays, a tout bonnement préféré « éviter » ces deux pays et reporter sa visite en Algérie et au Maroc sine die.

Ce report à une date ultérieure, non définie, en dit long sur la décision prise par John Kerry de se tenir « pour le moment » loin de cette poudrière qui pourrait exploser à tout moment. Surtout que des étincelles avaient déjà commencé à jaillir. En effet, la semaine qui a précédé la visite de Kerry dans la région a été particulièrement houleuse. Au centre de l' »animosité » entre le Maroc et l’Algérie : le Sahara occidental. Flash-back.

Abuja, le discours algérien de trop ?

Tout a (re)commencé le mardi 29 octobre dernier, lorsque le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait jugé dans un discours lu à Abuja par son ministre de la Justice, Tayeb Louh, « plus que jamais d’actualité » l’installation d’une surveillance étroite des droits de l’Homme au Sahara occidental. La réplique marocaine ne s’est pas fait attendre. En effet, l’agence officielle marocaine MAP avait accusé Alger de soutenir les indépendantistes sahraouis et de chercher à « servir ses desseins hégémoniques dans la région ». Plus encore, de « brouiller les cartes » afin de « détourner l’attention des graves violations de ces droits qui se produisent quotidiennement sur (son) territoire ».

Aussitôt après, dans un discours prononcé à Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a dénoncé des propos « absolument inadmissibles et irresponsables » des autorités marocaines, suite à cet appel présidentiel algérien au respect des droits de l’Homme au Sahara occidental.

Brouille diplomatique entre Alger et Rabat

Sans attendre, le Maroc appelle son ambassadeur pour « consultation ». Une « décision injustifiée (qui) constitue une escalade malencontreuse qui s’appuie sur des motifs fallacieux et attentatoires à la souveraineté de l’Algérie dont les positions de principe sur les questions régionales et internationales ne sont susceptibles d’aucune remise en cause, sous l’effet d’interférences étrangères », avait déclaré le ministère des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans un communiqué. Non content de cette situation, des Marocains organisent alors un sit-in devant le consulat d’Algérie au Maroc. Durant le sit-in de protestation contre « les agressions politiques et médiatiques algériennes contre le Maroc », un jeune homme, s’est introduit de force au siège du consulat d’Algérie et a escaladé le mur jusqu’à son toit et à fait descendre le drapeau algérien. Non content, Alger réclame des excuses du Maroc. En lieu et place, c’est une pluie de « missiles » qui s’abat sur Alger.

Le Maroc n’a pas de leçon à recevoir…

Le mercredi 6 novembre, l’occasion de la commémoration de la Marche Verte de 1975, qui célèbre l’annexion d’une partie du territoire du Sahara occidental revendiqué aujourd’hui par le peuple sahraoui, a été saisie par Mohammed VI pour faire savoir que le Maroc refusait de « recevoir des leçons, surtout de la part de ceux qui bafouent systématiquement les droits de l’Homme ».
Mohammed VI répondait ainsi au discours présidentiel prononcé à Abuja par Tayeb Louh. Et c’est justement dans ce contexte que John Kerry devait rencontrer les autorités de Rabat et d’Alger pour sans doute éteindre le feu. Ce qui était quasiment impossible en seulement quelques heures de tête-à-tête. Ce qui a contraint le Secrétaire d’Etat américain à lâcher la patate chaude qui se retrouve aujourd’hui entre les mains de Barack Obama.

Le Président des Etats-Unis doit recevoir le roi du Maroc ce 22 novembre. Et pour sûr, Obama jouera son va-tout pour tenter de régler cette épineuse question du Sahara occidental à l’origine entre autres, de la grosse brouille entre Alger et Rabat.