Maroc-Sahara occidental : Ban Ki-moon mené à la baguette par Mohammed VI ?

Alors que de nombreuses ONG affirment que les droits de l’Homme au Sahara occidental ne sont pas respectés, l’ONU ne donne toujours pas la possibilité à la Minurso d’enquêter sur ces accusations. Ban Ki-moon aurait-il les mains liées ?

La résolution adoptée mardi par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle simplement à améliorer les droits de l’Homme au Sahara occidental, sans pour autant y installer un mécanisme de contrôle, n’enjoint pas Rabat à tenir rapidement ses promesses en matière de droits de l’Homme, et ne dit pas non plus un mot sur l’exploitation peu équitable des ressources naturelles du territoire, riche en phosphate et potentiellement en pétrole et gaz en haute mer. Et ce, bien que le Polisario s’est plaint auprès de l’ONU du renouvellement par le Maroc de contrats d’exploration avec des compagnies pétrolières.

Au moment où de nombreuses ONG affirment que les droits de l’Homme au Sahara occidental ne sont pas respectés, l’ONU ne donne toujours pas la possibilité à la MINURSO d’enquêter sur ces accusations. Toutefois, le nouvel ambassadeur marocain à l’ONU, Omar Hilale, a déclaré à la presse que Rabat était prêt à exiger le retrait de la MINURSO si M. Ban s’était obstiné. Est-ce la raison pour laquelle le Conseil adopte, chaque année, un texte modéré ? Ban Ki-moon, qui, en 2013, a été rappelé à l’ordre par Mohammed VI qui l’a mis garde contre des options périlleuses, a-t-il les mains liées ?

Le mandat de la MINURSO, qui se termine fin avril, est renouvelé chaque année, depuis 1991. La Mission est uniquement chargée de surveiller le cessez-le-feu dans l’ex-colonie espagnole, désormais contrôlée par Rabat mais revendiquée par le Front Polisario. Pour rappel, le Palais propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté, alors que les indépendantistes, soutenus par Alger, réclament un référendum d’autodétermination.