Maroc : Pour les vacances ou pour la vie

Des milliers de Français perçoivent depuis quelques années le Maroc comme un nouvel eldorado. En 2011, le nombre de Français venus s’installer au Maroc a augmenté de 6%. Aujourd’hui, ils sont 44 430 à être enregistrés dans les différents consulats du royaume. Paradis fiscal et jobs à gogo : pas tant que ça…

L’été approche, et comme chaque année le Maroc accueillera pour les grandes vacances des milliers de Marocains résidant à l’étranger mais aussi des touristes en provenance du monde entier. Certains n’ont pas attendu les vacances d’été pour profiter du soleil. Beaucoup de Français ont fait le choix de s’y installer définitivement. Il y a aujourd’hui 44 430 Français installés au Maroc, soit une augmentation de 6% en 2011 selon les chiffres de l’Association démocratique des Français à l’étranger (ADFE). Beaucoup ne s’inscrivent pas sur les registres des consulats, il est donc difficile d’établir le nombre exact de Français installés dans le royaume. L’élection présidentielle en France a néanmoins poussé une partie d’entre eux à s’inscrire au consulat pour pouvoir voter.

Parmi ces expatriés, vingt à vingt-deux mille Franco-Marocains ont opté pour un retour aux racines. L’objectif est d’y trouver un travail ou lancer une entreprise. « Cette population est assez jeune. Sa moyenne d’âge se situe entre vingt-cinq et quarante ans. L’une des principales raisons qui la motive à s’installer au Maroc est qu’elle bénéficie déjà de l’appui de sa famille restée au Maroc, une solidarité familiale qui résiste à toute épreuve », précise Viviane Claverie, présidente déléguée de l’ADFE Marrakech, selon Yabiladi.com. Les binationaux font partie de la première des quatre catégories de Français qui posent bagages dans le royaume chérifien.

Ces Français qui choisissent le Maroc

Les retraités arrivent en seconde position du classement. Leur but est de quitter un pays froid pour le soleil. De plus, leur pouvoir d’achat est plus important au Maroc qu’en France.

Les Français touchés par la crise économique et qui espèrent trouver refuge au Maroc font partie de la troisième catégorie de ces exilés. « Les malheureux, ils ne se rendent pas compte qu’ici aussi c’est la crise ! », affirme Viviane Claverie. « Ces Français-là, souvent jeunes, ressentent beaucoup d’amertume parce qu’ils ont abandonné leur pays d’origine et ont quitté leurs amis et familles. Ils se rendent compte que le Maroc n’est pas un eldorado. Alors qu’ils bénéficiaient de certaines aides en France, au Maroc ils n’ont plus droit à rien. Ils se rendent également compte que la scolarité des enfants ici est hors de prix, ils ont perdu leurs droits à la Sécurité sociale et découvrent que la CFE est chère également. Ils s’aperçoivent que travailler au Maroc n’est pas si facile et qu’ils ne peuvent pas pratiquer tous les métiers, certaines fonctions étant exerçées en priorité par les Marocains », explique-t-elle

Puis, il y a les hommes d’affaires, les coopérants ou les cadres de multinationales qui sont mutés au Maroc. Ceux-là bénéficient d’avantages intéressants. « Cependant, il y a de moins en moins de coopérants au Maroc car ils reviennent très cher à l’Etat français. L’administration a tendance à recruter sur place des personnes qui vont prendre la place de ces coopérants », conclut Viviane Claverie.

Casablanca, la capitale économique du royaume, avec ses 19 513 habitants français, arrive en pole position du top 3 des villes qui attirent le plus de Français. Rabat arrive en deuxième position avec 9 181 expatriés et Marrakech en compte 7 000.