Maroc : les enregistrements des journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent validés par la justice française

La Cour d’Appel de Paris a validé, ce mardi, les enregistrements qui ont abouti à la mise en examen des journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent pour chantage et extorsion à l’encontre du roi du Maroc.

Les enregistrements contre les journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent, soupçonnés d’avoir voulu extorquer de l’argent au roi du Maroc en échange de l’abandon de la publication d’un livre censé contenir des révélations fracassantes sur le royaume, ont été validés, ce mardi 26 janvier 2016, par la Cour d’Appel de Paris.

Catherine Graciet et Eric Laurent avaient été interpellés le 27 août 2015, en possession de 80 000 euros en liquide, au sortir d’une réunion avec l’avocat du Maroc, Hicham Naciri, enregistrée à leur insu par leur interlocuteur. Si les deux journalistes ont reconnu un accord financier, ils ont réfuté avoir tenté de faire du chantage, attaquant la procédure devant la chambre de l’instruction de la Cour d’Appel, réclamant l’annulation des enregistrements des deuxième et troisième rendez-vous.

Mais les avocats des deux journalistes reprochent au parquet de Paris, puis aux juges d’instruction d’avoir laissé l’avocat marocain procéder lui-même aux enregistrements avec son téléphone, alors qu’une procédure judiciaire était ouverte après le premier rendez-vous.

L’affaire a fait l’effet d’une bombe en France et au Maroc lorsqu’elle a éclaté. Les deux journalistes se sont exprimés à plusieurs reprises dans les médias français, affirmant leur bonne foi. Au Maroc, la presse ne les a pas épargnés, pointant du doigt leur « supercherie » et « forfaiture », louant la façon dont l’émissaire du roi les as pris « la main dans le sac ».