
Le coût minimal d’une alimentation saine au Maroc a fortement augmenté, selon le rapport 2026 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde. Cette hausse intervient alors que le pays est confronté à une importante vague de départs vers l’enclave espagnole de Ceuta, où des milliers de Marocains ont tenté de rejoindre l’Europe ces derniers jours.
Le Maroc enregistre une hausse continue du coût d’une alimentation saine. D’après le rapport 2026 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, élaboré conjointement par la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’Unicef, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le panier alimentaire minimal permettant de couvrir les besoins nutritionnels est devenu nettement plus onéreux au cours des huit dernières années.
Une hausse continue du coût de l’alimentation
Cette évolution intervient au moment où une crise migratoire est déclenchée à Ceuta. Ces derniers jours, des milliers de Marocains ont tenté de rejoindre à la nage ou par voie maritime l’enclave espagnole, tandis que les autorités espagnoles ont fait état d’un nombre élevé de victimes lors des traversées et d’un afflux inédit de migrants. Selon les données du rapport, le coût minimal d’une alimentation saine est passé de 2,63 dollars internationaux par personne et par jour en 2017 à 3,64 dollars en 2025.
Cette progression représente une augmentation de 38,4% sur la période étudiée. L’évolution n’a toutefois pas été linéaire. Après une baisse observée avant la pandémie, avec un coût de 2,47 dollars en 2019 puis en 2020, les prix ont ensuite augmenté chaque année. Le panier est passé à 2,76 dollars en 2021, puis à 3,11 dollars en 2022, avant d’atteindre 3,45 dollars en 2023. La progression s’est poursuivie en 2024 puis en 2025, portant la hausse à près de 47% sur les cinq dernières années.
Des millions de personnes concernées
Le rapport précise que cet indicateur ne correspond pas aux dépenses réelles des ménages. Il mesure le coût minimal nécessaire pour acquérir une alimentation diversifiée répondant aux besoins nutritionnels quotidiens, comprenant notamment des céréales, des fruits, des légumes, des légumineuses ainsi que des produits d’origine animale. Les montants sont exprimés en dollars internationaux afin de tenir compte des différences de pouvoir d’achat entre les pays.
Cette méthode permet d’estimer le nombre de personnes qui disposent, ou non, de revenus suffisants pour accéder durablement à une alimentation équilibrée. Les agences des Nations unies estiment ainsi que 4,8 millions de personnes au Maroc ne disposent toujours pas des ressources nécessaires pour financer ce régime alimentaire minimal. Malgré cette situation, le royaume chérifien présente des indicateurs plus favorables que plusieurs autres pays de la région.
Une crise migratoire au cœur de l’actualité
La publication de ces données intervient alors que le nord du Maroc est confronté à une forte pression migratoire. Plusieurs milliers de personnes ont convergé vers les environs de Fnideq avant de tenter de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta par la mer. Les autorités espagnoles ont renforcé les dispositifs de sécurité et mobilisé des moyens supplémentaires pour faire face aux arrivées. Cette crise a également provoqué une vive réaction politique en Espagne et au sein de l’Union européenne.
Madrid a annoncé le renforcement des contrôles à Ceuta, tandis que plusieurs responsables européens ont appelé à une coopération accrue pour gérer les flux migratoires. Les chiffres publiés par les agences des Nations unies documentent l’évolution du coût de l’alimentation et le nombre de personnes concernées par l’insuffisance de revenus au Maroc. Dans le même temps, la crise migratoire de Ceuta place les questions économiques et sociales au cœur de l’actualité entre le royaume et son voisin espagnol.




