Maroc : l’Istiqlal dépose plainte contre Abdelilah Benkirane

Le parti de l’Istiqlal a annoncé jeudi lors d’une réunion du comité exécutif qu’il déposait plainte contre le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane pour diffamation.

Les perpétuelles joutes verbales opposant le parti marocain de l’indépendance, l’Istiqlal, et le parti islamiste, Parti Justice et Développement (PJD, au pouvoir), prennent une toute autre dimension. Elles pourraient dorénavant se poursuivre devant la justice.

En effet, le comité exécutif du parti de l’Istiqlal a décidé, jeudi dernier, de déposer plainte contre le Premier ministre Abdelilah Benkirane, par ailleurs secrétaire général du PJD, pour diffamation.

Lors de son dernier passage devant la Chambre des représentants, le 31 décembre, Benkirane a indiqué de façon implicite que des membres de l’Istiqlal s’adonnaient à des pratiques frauduleuses. Selon lui, le PJD n’est pas comme certains partis « dont les membres ont des appartements à Paris et des milliards de dirhams sur des comptes ». La réaction de l’Istiqlal fut imminente.

Yasmina Baddou sort de ses gonds

C’est ainsi qu’en pleine réunion d’urgence jeudi soir, l’Istiqlal a décidé de déposer, non pas une, mais deux plaintes pour diffamation contre Abdelilah Benkirane et le PDJ, dont une émanant de l’ex-ministre de la Santé Yasmina Baddou. Cette dernière affirme détenir qu’un seul appartement à Paris acheté en 1998 alors que le président de l’Instance nationale de protection des biens publics (INPBP), Tarik Sbaï, affirme au contraire qu’elle aurait acheté un second appartement en 2010 alors qu’elle était encore en fonction. L’information fait actuellement la Une de la presse au Maroc où certains médias ont dévoilé une supposée copie de l’acte d’achat dudit appartement dont le prix s’élève à 910 000 euros. « C’est un faux document », s’est-elle défendue.

Le secrétaire général de l’Istiqlal, Hamid Chabat, a invité son ennemi juré Abdelilah Benkirane à publier la liste des présumés fraudeurs. Les députés du parti conservateur ont également demandé des explications au Premier ministre. Mais celui-ci ne semble pas vouloir divulguer la moindre information. « Je ne dirai rien de plus », a-t-il déclaré. Dans ce contexte, le chef du gouvernement se heurte à des poursuites pour diffamations.

Le secrétaire général de l’INPBP, Mohamed Meskaoui, a lui aussi appelé le chef du gouvernement à briser le silence et à dévoiler la liste des prétendus fraudeurs avant d’indiquer que le refus de dévoiler les noms le place sur la liste des « connaisseurs » de ces crimes financiers. Et comme le dit l’adage : « qui ne dit mot consent »…