
Dans un entretien accordé à Hespress, l’opposante marocaine Nabila Mounib accuse les « sionistes » de vouloir diviser le Maroc en six entités. Ses propos, , s’inscrivent dans son opposition constante à la normalisation des relations entre le Maroc et Israël.
Le 15 septembre, le média marocain Hespress diffuse un long entretien avec Nabila Mounib, députée et ancienne secrétaire générale du Parti socialiste unifié. Elle y réclame l’abandon de l’accord de normalisation conclu avec Israël. En darija, elle déclare : « Rien de bon ne nous viendra des criminels sionistes », avant d’ajouter : « Ils ont un projet, ils veulent diviser le Maroc jusqu’en six et provoquer des catastrophes. » Elle assure que les Marocains resteront solidaires pour défendre leur pays, y compris « par les armes ».
La séquence est isolée par Hespress dans une vidéo de quatre minutes publiée le 17 septembre.

Aucun document, aucune identification des « six entités »
Nabila Mounib ne produit ni carte, ni rapport, ni déclaration israélienne qui décrirait un plan de démembrement. Elle n’identifie pas non plus les entités qu’elle évoque. En l’état, sa formule relève de l’accusation politique plutôt que de la révélation d’un fait établi. Elle montre cependant une nouvelle fois que l’alliance entre le Maroc et Israël continue de diviser le royaume chérifien.
Un projet étranger visant l’unité territoriale d’un État constituerait, en droit international, une atteinte à sa souveraineté au sens de la Charte des Nations unies, qui interdit la menace ou l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale des États. Mais les déclarations de Nabila Mounib ne permette cependant pas d’établir l’existence du projet, ses auteurs et ses actes.
Un discours qui remonte à plusieurs années
Ces accusations ne sont pas inédites chez Nabila Mounib. En mars 2022, elle évoquait déjà un plan de « puissances impérialistes » visant à diviser le Maroc en au moins cinq régions, en s’appuyant sur une étude du Centre Bensaïd Aït Idder dont le contenu n’a jamais été rendu public dans les comptes rendus disponibles. Quatre ans plus tard, la menace est toujours présente pour l’ex secrétaire générale du PSU, mais le chiffre passe de cinq à six. Sa grille de lecture reste cependant marquée par la défense de la souveraineté nationale et le rejet de la normalisation.
Dans le même entretien, elle critique une initiative qui permettrait, selon elle, l’attribution de la nationalité marocaine à des Israéliens, y compris à d’anciens militaires. Elle estime qu’avoir participé à la guerre contre les Palestiniens devrait constituer un obstacle à une telle acquisition.
Une sortie qui coïncide avec un rapprochement diplomatique
L’entretien intervient à un moment diplomatique sensible. Le 16 septembre, au lendemain de sa diffusion, le Maroc et Israël annoncaient vouloir élever leurs représentations diplomatiques respectives au rang d’ambassades, avec nomination d’ambassadeurs. Cette étape prolonge le processus de normalisation engagé en décembre 2020, toujours contesté par une large partie de la société marocaine.
Cette défiance vis-à-vis de la normalisation trouve, avec cet entretien, sa traduction la plus radicale à ce jour, mais elle est représentative de ce que pense de nombreux marocains.




