Maroc-Egypte : la fête du trône peut-elle marquer l’excellence des relations ?

Une partie de la presse égyptienne a décidé d’envoyer des journalistes au Maroc dans le but de couvrir la fête du trône prévue le 30 juillet prochain. Cette fête du trône est-elle le meilleur moyen pour marquer « l’excellence » des relations entre les deux pays ?

Beaucoup de médias égyptiens ont décidé de dépêcher des journalistes couvrir la fête du trône qui aura cette année le 30 juillet au Maroc. Mais la fête du trône est-elle le meilleur moyen pour marquer « l’excellence » des relations entre le Maroc et l’Egypte ?

La fête du trône rassemble chaque année près d’un millier de notables, d’élus et de membres du gouvernement marocain au Palais du roi Mohammed VI, à rabat, pour lui prêter allégeance. Mais la manière dont se déroule la bayâa, qui consiste à rendre hommage et à obéir à un dirigeant, est vivement critiquée par des organisations des droits de l’Homme, telle que l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui dénonce le fait que les dignitaires doivent se prosterner devant un Mohammed VI sur son cheval, protégé du soleil par la traditionnelle ombrelle qu’un serviteur doit tenir tout le long de son passage dans l’enceinte du Mechouar. « Cet acte touche à la dignité humaine », avait déclaré, en 2013, l’ex-présidente de l’organisation, Khadija Ryadi.

Fête du trône : l’« humiliation » ?

Cette même année, un député du parti historique de l’Istiqlal, Adil Tchikitou, avait décliné l’invitation pour ne pas se prosterner devant le roi. Sur sa page Facebook, le jeune député avait expliqué qu’il considère être dans son droit, en tant qu’individu, de refuser de se prosterner devant quiconque, et que personne n’avait le droit de l’exiger de lui. Il considère ne devoir s’incliner que pour Dieu.

Khadija Ryadi estime qu’« à travers cet acte (la prosternation), c’est tout le peuple marocain qui est humilié ». Dans ces conditions, comment les médias égyptiens parviendront-ils à rapporter une image « favorable » de l’évènement sans prendre le risque de choquer les Egyptiens plutôt que de refléter une bonne image du royaume ?

Extrait de la cérémonie de 2012