Maroc : détenus français en grève de la faim, Mohammed VI réagit

C’est à titre purement « exceptionnel et humanitaire » que le roi Mohammed VI a décidé d’intervenir dans l’affaire des détenus français en grève de la faim.

Mohammed VI répond à l’appel des détenus français au Maroc qui observent une grève de la faim. Ces derniers réclamaient la remise en place des accords de coopération judiciaire entre la France et le Maroc. Ils avaient été suspendus suite à la crise diplomatique survenue en février entre les deux pays. Or, tant que les accords sont suspendus, ces détenus ne peuvent pas être extradés vers l’Hexagone afin de purger leur peine.

Le roi Mohammed VI a donc décidé ce jeudi de « la mise en place, à titre purement exceptionnel et humanitaire, d’une Commission chargée d’examiner les cas » de ces 22 détenus dans des prisons marocaines, annonce un communiqué du cabinet royal, diffusé par la MAP.

Toutefois, Mohammed VI ne promet pas de rétablir la coopération judiciaire avec la France. Le communiqué rappelle que « la convention d’entraide judiciaire entre le Maroc et la France a été suspendue au mois de février dernier à l’initiative du gouvernement marocain ».

Mohammed VI « sensible »

Si le communiqué royal qualifie la grève de la faim des détenus français « d’extrême », il affirme que le souverain est « sensible au sort de ces détenus ». La Commission sera donc chargée d’examiner, en concertation avec les autorités françaises, le sort de ces 22 détenus, « afin de proposer les mesures appropriées pour la résolution des problèmes rencontrés ».

Le communiqué souligne que le roi est « solidaire de l’action de son gouvernement » et indique que cette mesure « exceptionnelle réaffirme l’attachement du Royaume aux valeurs humanistes universelles et son engagement séculaire à ne point tolérer que des personnes soient victimes de différends intergouvernementaux ».

La suspension des accords de coopération judiciaire entre la France et le Maroc avaient été décidée par le gouvernement marocain, « à la suite d’aberrations constatées et de maladresses survenues ». En février, alors que le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, était en visite à Paris, plusieurs policiers ont débarqué dans la résidence de l’ambassadeur du Maroc à paris, Chakif Benmoussa, afin de remettre à Hammouchi une convocation devant la justice française pour « torture » et « complicité de torture » suite à des dépôts de plainte en France. Une attitude qui avait fortement déplu au Palais, accusant la France d’avoir passé outre les canaux diplomatiques.