Maroc–Ceuta : 25 personnes poursuivies après l’afflux massif de migrants vers l’enclave espagnole


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Ceuta migrants marocains débarquant en Espagne
Ceuta migrants marocains débarquant en Espagne

Les autorités judiciaires marocaines ont engagé des poursuites contre 25 personnes après les traversées massives vers l’enclave espagnole de Ceuta. Les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs infractions liées à l’organisation des passages irréguliers, tandis que Rabat rejette toute responsabilité dans cette crise migratoire. En parallèle, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) dénonce d’autres procédures judiciaires engagées à Nador contre des dizaines de personnes.

Les conséquences judiciaires de la crise migratoire survenue à Ceuta se poursuivent au Maroc. Le parquet de Tétouan a décidé d’engager des poursuites contre 25 personnes soupçonnées d’être impliquées dans les passages massifs de migrants vers l’enclave espagnole. Cette décision intervient quelques jours après les traversées qui ont conduit des milliers de personnes à tenter de rejoindre Ceuta par voie maritime.

Plusieurs chefs d’accusation retenus

Selon les informations rapportées par les médias marocains, les personnes concernées sont poursuivies pour plusieurs infractions en lien avec ces événements. Les procédures visent notamment des faits liés à l’organisation des départs ainsi qu’à des incidents survenus durant les opérations de contrôle menées par les forces de sécurité. Les poursuites portent notamment sur l’organisation de traversées irrégulières, le transport de passagers sans les autorisations requises ainsi que le surpeuplement d’embarcations utilisées pour rejoindre l’enclave espagnole.

Les autorités judiciaires reprochent également à certains prévenus le dépassement de la durée de validité de leurs visas. D’autres chefs d’accusation concernent des faits présumés d’insultes, d’agressions contre les forces de sécurité et de dégradations volontaires de biens publics. Les procédures sont instruites par les juridictions de la région de Tétouan, au nord du Maroc.

Les autorités marocaines défendent leur politique migratoire

Sur le plan politique, le gouvernement marocain a réagi à la crise migratoire en affirmant ne pas avoir cédé à des « pressions » ou à un quelconque « chantage ». Les autorités ont également exprimé leur déception face aux réactions de plusieurs responsables politiques européens intervenues après les arrivées massives de migrants à Ceuta. Selon Rabat, certaines prises de position auraient cherché à instrumentaliser cette crise. Le gouvernement marocain maintient que sa politique migratoire n’a connu aucun changement au cours de ces événements.

Des sources diplomatiques marocaines, citées par plusieurs médias espagnols, ont également rejeté les accusations évoquant un relâchement du dispositif de contrôle des frontières. Elles affirment que les candidats aux traversées irrégulières savent qu’ils seront refoulés si leur tentative échoue. Ces mêmes sources rappellent que le Maroc continue d’accepter le retour de ses ressortissants interceptés après une entrée irrégulière en Espagne. Une pratique que les autorités présentent comme constante depuis plusieurs années dans leur coopération avec Madrid.

L’AMDH dénonce d’autres poursuites à Nador

Parallèlement aux procédures engagées à Tétouan, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a annoncé que 52 personnes faisaient également l’objet de poursuites judiciaires devant les tribunaux de Nador, dans la région du Rif, en lien avec la récente crise migratoire. Selon l’organisation, onze jeunes ont comparu devant la chambre pénale de la cour d’appel de Nador. Tandis que quarante et une autres personnes ont été présentées devant le tribunal de première instance de la ville. L’AMDH indique que l’ensemble des personnes concernées demeure placé en détention provisoire.

L’association précise que plusieurs prévenus sont poursuivis pour des infractions de nature criminelle, sans détailler les qualifications pénales retenues par les juridictions concernées. Les procédures judiciaires se poursuivent dans les différentes villes concernées. Ces développements interviennent quelques jours après l’afflux massif de migrants vers Ceuta. Épisode qui a conduit les autorités espagnoles à renforcer leur dispositif de sécurité autour de l’enclave. En plus de raviver les débats sur la gestion des frontières entre le Maroc et l’Espagne ainsi que sur la coopération migratoire entre les deux pays.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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