Marlin l’enchanteur

Les 12èmes championnats du monde de pêche sportive se dérouleront du 22 au 29 juin prochains à Dakar. L’équipage sénégalais, qui a remporté la compétition l’an passé, bénéficiera cette année de sa connaissance de la côte dakaroise pour conserver son titre.

Le capitaine Abdoulaye Kébé et son mousse, Moussa Mbengue, ont donné rendez-vous à la crème des pêcheurs en mer de la planète pour les 12ème championnats du monde de pêche sportive, à Dakar, du 22 au 29 juin. Après seulement trois participations à la compétition, également appelée Big Game, le Sénégal est parvenu en 2002 à arracher le titre suprême. Il est invité à le défendre cette année dans son propre littoral. Face au Sénégal, se présentent la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Portugal, l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’Italie, l’Espagne, la France, la Suisse et la Namibie. Exceptions faites de la Suisse, de la Namibie et de l’Afrique du Sud, chaque pays présente deux équipages.

Pour ceux qui douteraient du caractère sportif de la pêche en mer, il n’est qu’à constater le poids des poissons que les concurrents sont invités à remonter sur leurs embarcations : une centaine de kilos en moyenne pour un thon albacore, de 150 à 200 kg pour les différents types de marlins. Pour ces espèces, les plus gros spécimens peuvent atteindre les 600 kg. Mais la force ne fait pas tout. Le but de ce sport, pour Amadou Ibra Diallo, secrétaire-général de la Fédération sénégalaise de pêche sportive (FSPS) :  » Prendre le plus gros poisson avec le fil le plus fin « . Une alliance entre la condition physique et la finesse d’esprit, en somme.

Produit touristique

La FSPS existe depuis 1993 et n’a commencé à participer aux championnats du monde qu’à partir de 2000. Sa réussite y sera fulgurante. Le Sénégal se classe deuxième en 2000 lors de cette première expérience, cinquième en 2001 et remporte la compétition en 2002.  » Il existait déjà des clubs de pêche sportive avant la création de la Fédération et nous organisions nos propres compétitions avant de participer aux championnats du monde. C’est l’Etat qui a décidé, dans le cadre de la diversification des produits touristiques, de développer la pêche sportive « , explique Amadou Ibra Diallo.  » Notre objectif, confirme Abdou Diouf, président de la FSPS, a toujours été de faire de la pêche sportive une discipline de haut niveau, en même temps qu’un produit touristique de premier plan.  »

A ces considérations d’ordre économique s’ajoutent des motivations écologiques. Abdou Diouf évoque ainsi les opérations de préservation et de reproduction des ressources halieutiques, menacées sur certains points de la côte sénégalaise, menées par la FSPS. Oubliée également l’image du vieux pêcheur insatiable à la capitaine Achab de Moby Dick.  » Le pêcheur n’a plus cette image de sang et de mort qu’il avait auparavant « , estime ainsi Wahid Harati, coordonnateur des championnats du monde 2003. Depuis plusieurs années, explique-t-il, les pêcheurs sénégalais relâchent de nombreux poissons capturés dans le souci de préserver les stocks. Il existe même des hameçons spéciaux que les poissons n’avalent pas et qui permettent une remise à l’eau dans de bonnes conditions.