Marie Ndiaye très prisée

L’écrivaine franco-sénégalaise Marie Ndiaye a reçu hier le prix Femina 2001 pour son livre Rosie Carpe. Son huitième roman, plébiscité par les média et les critiques, nous plonge dans un univers plutôt sombre.

Bravo à Marie Ndiaye. Le prix Femina lui a été décerné lundi dernier pour son roman Rosie Carpe. Le but de ce prix, fondé en 1904, est d’encourager les lettres et les relations de confraternité entre les femmes de lettres. Il constitue une distinction majeure de l’univers de la littérature française. Distinction acquise sans obstacles puisque la lauréate a obtenu le prix dès le premier tour avec neuf voix sur douze. Plusieurs critiques littéraires ont d’ailleurs estimé que ce dernier roman était son meilleur.  » Je n’aime pas ce roman plus que les autres. J’étais heureuse de l’avoir fini parce qu’il a pris du temps et de l’énergie. Mais c’est pareil avec chaque livre « , déclare Marie Ndiaye, à l’annonce de son prix. Humilité d’une jeune écrivaine.

Univers douloureux

Marie Ndiaye n’a en effet que 34 ans. Elle naît en 1967 à Pithiviers, (centre ouest de la France), d’une mère française et d’un père sénégalais. Mariée et mère, elle vit actuellement en France. Où elle écrit. Beaucoup. Mais femme discrète, elle n’aime pas parler de sa vie. Marie Ndiaye est aussi une écrivaine fidèle. Son premier livre, écrit à 18 ans, Quant au riche avenir, a été publié aux éditions de Minuit et depuis elle n’a presque pas dérogé à la règle. Lors de la cérémonie elle a d’ailleurs regretté la disparition de Jérôme Lindon, fondateur des éditions :  » C’est ce qui me rend un peu triste. Je ne peux pas profiter de ce prix d’une manière naïve et pure. J’aurais aimé qu’il soit là « .

Le prix Femina a donc récompensé Marie Ndiaye pour un livre plein d’émotions. Rosie Carpe est l’histoire d’une femme qui part en Guadeloupe avec son fils et qui attend un second enfant à la suite d’une nuit d’ivresse. Elle ignore qui en est le père. Elle part rejoindre son frère qui lui a promis une vie meilleure, mais qu’elle n’a pas vu depuis cinq ans. Arrivée à l’aéroport, ce frère ne l’attend pas, mais qu’importe puisqu’il n’est pas en mesure de l’aider.  » Rosie a perdu depuis longtemps la maîtrise de ce qu’elle fait. Et tout ce qui lui arrive, enfant ou désastre, concerne tout aussi bien quelqu’un qui n’est peut-être pas elle « . L’histoire d’une jeune fille devenue indifférente à son propre sort.

Marie Ndiaye est de ces écrivains qui créent des univers pour notre plus grand plaisir. Des univers assez sombres où sont explorées les émotions douloureuses que font naître les rapports – ou l’absence de rapports – familiaux. Ses héroïnes sont souvent en quête d’identité, de reconnaissance ou d’amour auprès de personnages monstrueux ou cruels. Hier, le prix Femina a clairement manifesté que Marie Ndiaye était une grande écrivaine.

Commander ce livre.