Mariana Ramos, une chanteuse en or


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Mariana Ramos © Danielanger
Mariana Ramos © Danielanger

Mariana Ramos, enfant du Cap-Vert adoptée par la France, a une voix d’or et un tempérament de feu. Les compositions de son premier album, Di dor em or, bien que teintées de sodade, touchent plus à la « morabeza ». Le mot capverdien est synonyme d’amour, de douceur et de spontanéité. Un cocktail à écouter d’urgence.

Di dor em or. Traduction du créole capverdien : De douleur en or. Pour exprimer le passage de la tristesse à « une vie de grâce et de lumière ». C’est ce que chante Mariana Ramos, beauté cap-verdienne à la voix d’or. Voix changeante, qui s’adapte aux musiques et aux thèmes avec sincérité : la joie la plus pure qui se voile de « sodade », l’invite à la fête qui se noie dans la célébration de l’amour.

Sur ce premier album sorti en mars 2000, Mariana chante en créole capverdien et s’est entourée de « grands frères » reconnus. Téofilo Chantre d’abord, qui, comme elle, est arrivé en France assez jeune. « Nous nous connaissons depuis plus de quinze ans. Quand nous avons commencé à travailler ensemble, il n’était pas du tout connu », explique Mariana. Pour l’album, Téofilo lui écrit quatre compositions, l’accompagne à la guitare et s’occupe des arrangements.

Influences brésiliennes et jazzy

Nazalio Fortes, grand compositeur capverdien installé à Rotterdam, lui offre deux titres et apparaît sur les autres à la guitare, au clavier et aux arrangements. « Cet album a nécessité deux ans de travail. Je préfère ne pas compter les allers-retours que j’ai effectués entre Paris et Rotterdam ! » se souvient la chanteuse. Mais le résultat en vaut la peine. Di dor em or s’éloigne de la tradition capverdienne pour se frotter aux diverses influences musicales de Mariana : la musique brésilienne ou africaine, le jazz et la morna.

« Je me cherchais un peu pour ce premier album. J’avais envie de mélanger toutes les musiques que j’écoute et que j’aime. » L’album est produit par Morabeza Records : « C’est mon grand-frère qui a repris le label. Il appartenait à mon grand-père qui avait à l’époque (les années 60, ndlr) produit le premier album de mon père », souligne Mariana. Car le papa, Antonio, « Toy », Ramos a fait partie d’un des premiers groupes capverdiens à tourner en Europe, Voz de Cabo Verde. Guitariste, il joue sur l’un des morceaux acoustiques de Di dor em or. « J’ai voulu faire ce premier album toute seule, mais mon père, qui un excellent guitariste, sera plus présent sur le second. Il y aura même ses compositions. »

Un deuxième album, sur lequel Mariana travaille, qui sera « très différent du premier. Les morceaux seront probablement plus traditionnels sans que les arrangements le soient forcément. » En attendant le deuxième opus de la belle, vous pourrez la croiser dans différents concerts à Paris ou aux Lilas, la ville qu’elle habite.

Pour commander le disque Di dor em or, de Mariana Ramos, chez Morabeza Records.

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Olivia Marsaud
LIRE LA BIO
Olivia Marsaud est une journaliste spécialiste des questions africaines, du monde arabe et de ses diasporas. Collaboratrice historique d'Afrik.com et Africa24 elle a ensuite évolué vers la commissariat d'expositions et la programmation culturelle en Afrique de l'Ouest (Sénégal, Niger). Elle excelle dans les analyses immersives sur la jeunesse, les droits humains et les dynamiques culturelles du continent
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