Manifestation des enseignants au Maroc : de la protestation au bâton

Les enseignants marocains ont vivement critiqué la répression dont ils ont fait l’objet, lors d’une manifestation organisée mercredi contre la décision du ministère de l’Education de ne pas les faire bénéficier d’un avancement à l’échelle 10.

Alors que les représentants syndicaux du secteur de l’enseignement marocain s’entretenaient mercredi avec le ministre de l’Education, Rachid Belmokhtar, et le ministre délégué auprès du Chef du Gouvernement, chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Abdelaadim El Guerrouj, des enseignants se faisaient tabasser à coups de matraques par les forces de l’ordre.

Les enseignants marocains manifestent pour passer à l’échelle 10, ce qui équivaudrait à une augmentation salariale. Refus catégorique de la part du ministère de l’Education. Afin de contester la décision du patron marocain de l’enseignement, des enseignants s’étaient donné rendez-vous mercredi devant le siège du ministère pour une manifestation pacifique. Mais c’est un accueil musclé que leur a réservé la sûreté nationale. Les manifestants ont été dispersés à coups de matraques.

Les principaux syndicats du secteur, FDT, CDT, UMT, UGTM, UNTM, ont, par le biais d’un communiqué, fermement condamné cette répression policière. Ils accusent le gouvernement Benkirane d’opter systématiquement pour des solutions répressives en cas de contestation. Les syndicats réclament l’intervention urgente du chef du gouvernement afin d’ouvrir une enquête pour déterminer les responsabilités, ainsi que la libération immédiate des enseignants retenus en détention.

Les débats entre syndicats et responsables du secteur de l’enseignement ont convenu de la mise en place de trois commissions mixtes afin d’approfondir le débat. « Ces dossiers portent, entre autres, sur la situation des titulaires de Licence, de Master, de Doctorat, des professeurs agrégés et des fonctionnaires classés à l’échelle 9, ainsi que sur les moyens d’engager un dialogue responsable et sérieux aux niveaux central et régional », rapporte Libe.ma.