Mali : Traoré et Hollande, un bilan positif ?

A l’issue d’une rencontre ce vendredi à Paris avec François Hollande, le président malien de la transition Dioncounda Traoré s’est montré rassurant sur la situation au Mali. A l’entendre, tout le territoire malien a été libéré, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dialoguera avec son gouvernement, et l’élection présidentielle aura lieu comme prévu en juillet. En clair, contrat rempli pour les deux chefs d’Etat.

Dioncounda Traoré et François Hollande ne se quittent plus. Les présidents du Mali et de la France rentrent à peine de la rencontre des donateurs tenue mercredi à Bruxelles, qu’ils se sont retrouvés ce vendredi à Paris dans le cadre d’un entretien sur la situation au Mali.

A l’issue de cette rencontre, une série de bonnes nouvelles. Les présidents malien et français se sont exprimés devant la presse pour faire leur bilan de la guerre au Mali. A les entendre, tout le territoire malien a été libéré, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dialoguera avec son gouvernement, et l’élection présidentielle aura lieu comme prévu en juillet. En clair, contrat rempli pour les deux chefs d’Etat.

« Je suis sûr qu’au moment où je vous parle, le MNLA est prêt à s’engager dans un dialogue sincère et profond avec le reste du Mali », a déclaré Dioncounda Traoré. Et d’ajouter : « les élections (présidentielles) devaient se tenir à leur date ». « L’ensemble du territoire malien a été libéré et aujourd’hui, nous sommes passés à une autre phase », a renchérit François Hollande.

Tout va bien madame la marquise ?

Pourtant, tout ne va pas bien madame la marquise. Tout le territoire malien n’a pas été totalement libéré comme l’affirme le président français François Hollande, puisque la ville de Kidal est administrée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui réclame sa gestion à la fin de la guerre au Mali. La ville, ancien fief d’Ansar Dine, est par ailleurs en proie à d’autres groupes armés tels que le Mouvement armé de l’Azawad (MAA) et le Haut conseil de l’Azawad dans le Nord-Mali. Un contexte délétère qui inquiète au plus haut sommet de l’Etat malien. « Kidal n’est pas une exception, c’est un objectif et aucune partie du territoire ne sera exceptée », a déclaré, mercredi 8 mai, le ministre malien des Affaires étrangères Tiéman Hubert Coulibaly. Ce dernier prévient que l’armée malienne se déploiera sur toute l’étendue du territoire national.

Cette situation complique sérieusement l’organisation de l’élection présidentielle en juillet prochain, car Kidal, l’une des trois régions administratives du Nord-Mali, ne pourra y participer ni d’ailleurs toutes les populations déplacées (400 000 Maliens) de cette guerre. Le président français François Hollande fait donc une promesse qu’il risque de ne pas tenir en acquiesçant les affirmations de son homologue Dioncounda Traoré qui assure de la tenue de ce scrutin en temps et heure.

Les présidents malien et français soignent alors leur bilan de la guerre au Mali devant la presse. Contrairement à leurs dires, les villes du Nord-Mali sont loin d’être pacifiées, même Tombouctou et Gao sont encore et toujours frappées par des attentats terroristes. Quant à l’élection présidentielle, elle n’est pas prête d’avoir lieu tant que les cartes électorales ne seront pas réalisées et acheminées.

Le chef d’Etat malien de la transition est alors venu à la rescousse de son homologue français qui est au plus mal dans les sondages d’opinion. Un juste retour des choses, à la suite de l’implication de l’occupant actuel de l’Elysée pour le déblocage des 3,25 milliards d’euros par l’Union européenne devant financer le « Plan pour la relance durable » du Mali.