Mali : manifestation massive à Gao

Plus d’un millier de personnes sont descendues, ce vendredi, dans les rues de Gao, dans le nord-Mali. Elles protestent contre la composition de la délégation locale, qui doit représenter la région aux assises sur le nord, ouvertes ce vendredi à Bamako, par le Président malien, Ibrahima Boubacar Keita.

Les habitants de Gao sont en colère contre leurs élus ! Et ils ont tenu à l’exprimer. Plus d’un millier de personnes ont manifesté ce vendredi pour contester la composition de la délégation locale qui représente la région aux assises sur le nord. Ces dernières ont été ouvertes ce vendredi à Bamako par le chef de l’Etat malien, Ibrahima Boubacar Keita. Ces assises, qui dureront trois jours, doivent permettre de trouver des solutions pour recoudre le tissu social malien qui s’est fissuré entre Bamako et les populations du nord-Mali. Au cours de cette rencontre, un millier de délégués de « toutes les régions du Mali, discuteront librement de tous les problèmes, pour que le Mali tourne le dos à la crise », selon les organisateurs de l’évènement.

Violences, circulation paralysée

Seulement, les habitants de Gao estiment en grande partie que les membres de la délégation ne représentent pas la population de la région. D’après de nombreux témoins, des pneus ont été brûlés à plusieurs endroits de la ville, par des habitants en rogne, paralysant la circulation. Le domicile du maire de la localité a été en partie brûlé, et des projectiles ont été lancés à l’intérieur du gouvernorat de Gao. Pour les calmer, la police a dû intervenir, usant du gaz à lacrymogène. « Nous avons été un peu débordés. Nous avons été obligés d’utiliser des gaz lacrymogènes », a confié à l’AFP un policier.

Le gouvernement malin a, de son côté, tenté de calmer la situation, acceptant qu’une nouvelle délégation de la région de Gao soit constituée pour participer aux assises. Lors de son discours, à l’ouverture de ces pourparlers, le chef d’Etat malien a déclaré « que les groupes et mouvements armés ont marqué une volonté de dialogue. Nous sommes aussi pour ce dialogue. En dehors de l’autonomie et de l’indépendance, tout est négociable dans le cadre de la République ».
Le dirigeant a notamment insisté sur l’octroi de « plus de pouvoirs aux régions du Mali, pour accélérer leur développement ».