Mali : libération de Clément Dembélé, le militant anticorruption

Clément Dembélé

Le 9 mai dernier, l’activiste anticorruption malien, Clément Dembélé, avait été arrêté. Mais les accusations portées contre lui n’avaient rien à voir avec son militantisme contre la corruption. Il était poursuivi pour « incitation de militaires à la désobéissance et à la violence ». Après avoir été auditionné par le procureur de la République, il recouvre sa liberté au terme de treize jours d’incarcération. Le 1er juillet prochain, il devra se présenter une fois encore devant la justice.

Le vendredi 22 mai 2020, l’activiste malien Clément Dembélé a été relâché par la justice après son audition dans une affaire d’« incitation de militaires à la désobéissance et à la violence ». Il avait, en effet, été interpellé par les agents des services de renseignement du pays, le 9 mai, puis a été remis aux mains de la justice. L’homme, qui ressort très amaigri, après treize jours d’incarcération, a passé un message à la presse locale dans sa langue.

L’activiste, qui a rappelé que les poursuites engagées contre lui n’ont aucun lien avec son combat de lutte contre la corruption, affirme avoir « confiance en la justice malienne ». Il a ensuite adressé un sincère remerciement à toutes les personnes qui lui ont témoigné du soutien pendant cette période un peu difficile.

Les dessous de l’affaire : une vidéo postée sur les réseaux sociaux ?

Il faut dire que même si Clément Dembélé est libéré, ce n’est pas pour autant que l’affaire est classée. Les poursuites n’ont pas été abandonnées par le ministère public et il devra se présenter, le 1er juillet 2020, devant la justice. L’affaire serait liée à une vidéo qu’il avait postée, il y a peu, sur les réseaux sociaux. Si ses partisans affirment qu’il n’y a aucun passage qui fasse allusion à une certaine incitation à la désobéissance des militaires, cet avis n’est pas pour autant partagé.

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Au cours de son audition, l’activiste aurait été interrogé sur plusieurs autres sujets tels que la barricade dressée par un groupe de jeunes qui avaient brulé des pneus pour bloquer la circulation à Bamako ou encore la nature de ses relations avec certaines personnalités du pays.