Mali : les communautés se mobilisent contre le paludisme

Le Mali à l’instar de la communauté internationale célèbre ce jeudi la journée internationale de lutte contre le paludisme. Une maladie qui demeure un problème majeur de santé publique de par son impact sur la mortalité, la morbidité et ses répercussions socio-économiques sur la population. Il représente 41,11% du total des motifs de consultations, selon les statistiques de l’Institut national de recherche en santé publique. Face à cette situation, le gouvernement et plusieurs ONG comme Plan Mali, ont fait de la lutte contre cette maladie, l’une de leurs priorités majeures.

(De notre correspondant à Bamako)

Farima Kéita est une jeune dame d’une trentaine d’années et mère de plusieurs enfants. Domiciliée à Kangaba, une localité située à 90 km de Bamako, la vie de Farima rime avec le paludisme. « Mes enfants sont régulièrement touchés par cette maladie. Malgré les soins pré-nataux, et les précautions que je prends notamment dans le domaine de l’hygiène, je n’arrive pas à expliquer ce qui arrive à mes enfants », soutient-elle. Tout comme les rejetons de Farima, des milliers d’enfants du Mali sont victimes du paludisme.

Ici, c’est d’ailleurs la première cause de mortalité. 90% de la population vit dans des zones exposées. Le paludisme constitue le premier motif de consultation sanitaire et la première cause de décès chez les enfants de 0 à 5 ans et chez les femmes enceintes. Selon des statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le paludisme constitue l’une des premières causes de morbidité et de mortalité chez les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

Il représente 41,11% du total des motifs de consultations, selon les statistiques de l’INRSP (institut national de recherche en santé publique). Pour l’année 2011, il y a eu 1 961 070 des cas enregistrés dont 2128 décès dans notre pays dont une perte économique estimée à 72 milliards de FCFA, note l’INRSP. Ces chiffres montrent que le pari de vaincre le paludisme n’est pas encore atteint malgré les efforts.

Renforcer la prévention

Face à cette situation, il vaut mieux prévenir que guérir. Et de nombreuses ONG de la place ont bien compris cet adage. C’est le cas de Plan Mali qui soutient de nombreuses initiatives allant dans ce sens. Ainsi des relais de cette organisation renforcent la capacité des communautés notamment les femmes, leurs conjoints et les membres de leurs familles. « Je fais le porte-à-porte pour sensibiliser mes sœurs afin qu’elles protègent leurs enfants contre le Paludisme. Cela passe par l’utilisation de moustiquaires imprégnés », soutient Kankou Keita, relais de l’ONG Plan Mali dans le village de Tomodo, une localité située à quelques kilomètres de la frontière guinéenne.

Kankou est aidée dans sa tâche par un médecin de district sanitaire de Kangaba. « Deux fois par semaine un médecin vient ici à Tomodo pour consulter une dizaine de personnes. Et la prise en charge des enfants victimes du paludisme est gratuite dans notre village », se réjouit-elle.

Ce qui contribue à réduire la mortalité infantile. À cela s’ajoute la mise en place d’interventions à faible coût pour les populations les plus démunies, insiste Aboudramane Diallo, coordonnateur du projet maternel néonatal et infantile dans le cercle de Kangaba.

Mobilisation communautaire

Pas moins de 223 relais communautaires travaillent pour ce projet dans les 12 aires de santé de Kangaba. L’une de leurs missions principales est de favoriser l’accès des femmes et des enfants aux soins de santé maternelle, néonatale et infantiles dans les 3 districts sanitaires. Des femmes de Kangaba qui suivent aujourd’hui à la règle les recommandations des relais communautaires. « Avant je ne suivais pas les recommandations des médecins. Mais aujourd’hui cela a changé garce au dévouement des médecins de Kangaba. Je prends des médicaments antipaludéens. Ce qui a permis de protéger mon dernier enfants contre cette maladie », se réjouit Oumou Sacko.

Selon l’OMS ce sont cette régularité et ponctualité des visites prénatales des femmes enceintes dans les centres de santé qui pourront permettre au Mali d’atteindre les OMD fixés en 2015 par les nations unies.