Mali : le conflit fait flamber le prix du mouton de l’Aïd el-kébir

C’est ce vendredi que la communauté musulmane du Mali va célébrer l’Aïd-el-kébir, communément appelée la fête de la Tabaski ou la fête du sacrifice. L’édition 2012 de l’Aïd est bien différente cette année en raison de la crise politico-militaire que traverse le pays. Conséquence : le prix des moutons flambe, au grand dam de la population.

(De notre correspondant)

Vendredi 26 octobre, les musulmans du Mali vont célébrer la fête de l’Aïd-el-kébir, l’une des deux grandes fêtes de l’islam. A Bamako, les marchés, les salons de coiffures et les ateliers de couture sont animés depuis une semaine. Chacun veut être prêt et les chefs de famille font tout pour avoir leur bélier à sacrifier ce jour-là. De Lafiabougou a Djélibougou en passant par Niamana sans oublier Faladié, tous les grands marchés à moutons de la capitale sont animés. Un peu partout dans les rues de la capitale malienne, se multiplient des scènes de marchandages entre des vendeurs ambulants et des acheteurs.

« J’avais prévu acheter mon bélier à 65 000 FCFA (environs 100 euros, ndlr). Mais après avoir fait le tour de neuf points de vente de moutons, je me suis rendu compte que ce n’est pas possible. Je me suis résolu à en prendre un à 77 000 FCFA (environs 120 euros, ndlr) », soutient Mamadou Coulibaly, un habitant de Yirimadio en commune VI du district de Bamako. Pour ce technicien en bâtiment, le prix des animaux a flambé cette année, l’année dernière, il a eu son bélier à 45 000 FCFA (environs 70 euros) mais cette année, c’est bien différent. Comme Mamadou, de nombreux chefs de famille doivent débourser beaucoup d’argent afin d’avoir un mouton. « Il n’y a pas assez de moutons sur les marchés comparé à l’année dernière. En plus les animaux sont petits », regrette Mamadou Thiam.

Sur les différents marchés de la capitale, les prix vont de 40 000 (environs 60 euros) à 300 000 FCFA (environs 460 euros), voire 500 000 FCFA (environs 760 euros). « Cette année, le marché n’est pas bien approvisionné. Cela est dû à la situation du Nord-Mali. Les paysans rechignent aussi à vendre leur mouton car l’hivernage 2012 a été bon pour eux », remarque Mamadou Guindo, un connaisseur du marché du bétail. A cela s’ajoute les conditions de transports des animaux. De nombreux commerçants venus des localités du Nord se disent victimes de tracasseries policières, douanières et militaires.

« Il faut aussi prendre en compte le prix des aliments pour le bétail. Une situation qui a empêché de nombreux commerçants d’aller se ravitailler dans le septentrion malien », regrette Issa Oueloguem. Pourtant, le gouvernement de transition affirme avoir pris toutes les mesures pour un bon ravitaillement du marché en bétail. Des affirmations qui ne reflètent pas la réalité car le prix du bélier est élevé cette année pour des Maliens qui subissent de plein fouet les conséquences socio-économique de la crise que traverse leur pays.