Mali : la présence des troupes françaises pourrait être prolongée

Alors que Francois Hollande avait prévu de réduire le nombre de soldats français présents au Mali pour n’en laisser que 1 000 d’ici la fin de l’année, il va devoir finalement revoir son calendrier. Les troupes de l’ONU censées prendre le relais ne sont pas tout à fait opérationnelles.

Entamer le retrait des troupes françaises présentes au Mali ne va pas être une mince affaire. François Hollande le sait. Alors qu’il avait prévu de ne laisser que 1 000 soldats d’ici la fin de l’année 2013 contre 3 200 actuellement, il pourrait finalement revenir sur cette projection, selon les informations d’Europe 1. La raison de ce changement? Les casques bleus de l’ONU censés prendre le relais ne sont pour le moment toujours pas opérationnels. La force onusienne, qui compte près de 5 000 hommes, devrait être renforcée d’ici la fin de l’année pour atteindre 12 000 éléments.

Timing serré

L’Elysée a conscience que le timing sera serré pour que cette force qui souffre de multiples lacunes et problèmes de logistiques, notamment de transports, puisse être opérationnelle à temps. Sans compter que l’Elysée est aussi préoccupée par l’organisation des élections législatives au Mali qui vont nécessiter forcément un arsenal sécuritaire supplémentaire. Même si en effet, le pays connait une accalmie, il est toujours sous la menace d’attentats qui pourraient être perpétrés par les groupes terroristes, qui n’ont pas totalement disparu du territoire malien.

François Hollande qui se rendra jeudi à l’investiture de son homologue malien Ibrahima Boubacar Keita, une visite éclair de 6 heures, abordera tous ces points avec le nouveau chef d’Etat. La question du retrait des troupes françaises devrait donc être au centre des discussions entre les deux hommes, sans compter l’épineux dossier de la rébellion du Mouvement national de libération de l’Azawad, qui réclame toujours l’autonomie de la région. Une question pour le moment loin d’être réglée. Suite à de nouveaux affrontements dans le nord-ouest entre les soldats maliens et rebelles, qui ont fait plusieurs morts, le MNLA, a menacé « d’anéantir l’armée malienne», accusant Bamako de ne pas avoir respecté les accords de Ouagadougou, censés apaiser les tensions entre les deux parties.