Mali : l’ONU toujours réticente à l’intervention militaire

Le Conseil de sécurité de l’ONU qui doit donner cette semaine son aval pour une intervention militaire dans le Nord-Mali craint toujours les répercussions humanitaires que pourrait avoir le conflit. De son côté, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) réclame l’envoi d’une force internationale sans délai pour déloger les islamistes.

L’ONU toujours hésitante à l’envoi de troupes dans le Nord-Mali. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit pourtant donner cette semaine son feu-vert pour l’intervention militaire dans la région. Mais ses doutes persistent. Selon l’agence humanitaire de l’ONU, les conséquences de l’usage de la force contre les islamistes pourraient être désastreuses. Elle met en garde contre l’afflux des réfugiés, soulignant que leur nombre pourrait atteindre 400.000. L’organisation évoque aussi d’éventuels divisions qui pourraient avoir lieu au sein de l’armée malienne, précisant que le pays tout entier pourrait être déstabilisé.

La Cedeao s’impatiente

Des mises en garde qui rappellent celles du secrétaire général des Nations Unies Ban ki-Moon, qui s’est aussi prononcé sur la question le 28 novembre. D’après lui, l’envoi d’une force dans le Nord-Mali « mettrait en péril le dialogue avec les Touaregs. Il faut privilégier le dialogue avec les populations du Nord. L’option militaire ne doit venir qu’en dernier recours contre les extrémistes ».

Une position qui agace la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Elle s’impatiente. Le chef d’Etat ivoirien Alassane Ouattara, qui préside l’organisation ouest-africaine, a déclaré mardi qu’il est « urgent d’avoir une résolution du Conseil de sécurité pour l’envoi des troupes dans le Nord-Mali », après avoir reçu à Abidjan l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahel, Romano Prodi. Ce dernier, qui effectue une tournée en Afrique de l’Ouest, se rendra ce mercredi au Niger pour y rencontrer le président Mouhamadou Issoufou, qui plaide aussi en faveur de l’envoi rapide des troupes. « Je renouvelle notre appel au Conseil de sécurité pour qu’il autorise le plus rapidement possible l’envoi d’une force internationale pour aider à la libération du Nord du Mali », a-t-il déclaré.

Même son de cloche pour le président béninois Yayi Boni qui estime également qu’il est « nécessaire d’envoyer les troupes sans délai dans le Nord-Mali ».