Mali : l’inquiètude des étudiants maliens et africains

La situation au Mali est inquiétante depuis le coup d’état du 22 mars où le Président malien Amadou Toumani Touré a été renversé par le capitaine Sanogo. Elle préoccupe également les jeunes étudiants maliens et africains de France. Ils en ont fait le thème d’un débat ce jeudi à l’université de Villetaneuse, en région parisienne.

Tous s’accordent à dire que la situation est grave. Les étudiants africains de l’université de Villetaneuse, en région parisienne, sont préoccupés par la situation politique au Mali. Ils se sont réunis pour en débattre ce jeudi. « C’est un pays divisé en deux, un État qui n’existe pas, une armée en déconfiture morale et politique », affirme un étudiant qui fait une thèse en sciences politiques à Paris. Deux semaines après le putsch, le Mali est dans l’impasse. Le pays doit faire face à une situation humanitaire qui se dégrade, à l’intervention de la Cédéao qui a mis en place un embargo et à l’indépendance autoproclamée de l’Azawad.

« Le problème du Mali actuellement est la rébellion et non la junte au pouvoir aujourd’hui », estime Bouba Diop, étudiant malien et président de la confédération étudiante au sein de l’université. Certes, le coup d’état contre le Président Amadou Toumani Touré semblait nécessaire mais « on pouvait trouver des solutions à la rébellion sans le coup d’état », considère Abdoulaye Koné, jeune étudiant malien. L’urgence est de préserver l’intégrité territoriale du Mali.

« Il faut à tout prix préserver l’intégrité territoriale du Mali »

En plus de la situation dans le nord, les étudiants s’inquiètent de l’attitude de la Cédéao. Les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest se sont réunis lundi et ont décidé de mettre en place un embargo total et immédiat au Mali. « La Cédéao aurait du intervenir au moment opportun, au début de la crise », selon S. Sakoumana, jeune étudiant en droit et secrétaire général de l’association Trait d’Union. La position de la Cédéao face à la situation malienne a suscité la polémique lors de ce débat. « La Cédéao en intervenant peut accentuer la scission », d’après Bouba Diop. D’autres au contraire pensent que la Cédéao doit intervenir mais pour donner des armes aux militaires pour combattre les rebelles.

La solution viendra du génie créateur malien

Les étudiants maliens et africains souhaitent montrer qu’il existe « un autre discours, une autre vision de la situation ». Ils prévoient donc une manifestation le 7 avril dans le but de sensibiliser la communauté internationale face à la situation au Mali. « La communauté malienne de l’extérieur doit se mobiliser, (…) la solution viendra du génie créateur malien », selon S.Sakoumana qui préconise l’intervention des amis du Mali.

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