Mali : l’imminence d’une intervention militaire

La France presse pour une intervention militaire au Nord-Mali. Elle serait, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, une « question de quelques semaines ». Dans un entretien accordé à France 2, ce mardi matin, il confirme que « La France soutient, explique, aide à la planification, forme, apporte logistiquement ce qu’il convient d’apporter ». L’ONU a laissé 45 jours au Mali et la Cedeao pour présenter un dispositif armé opérationnel.

Le Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) disposent de 45 jours pour présenter un dispositif armé opérationnel en vue d’une intervention militaire au Nord-Mali. A la suite des sollicitations du Mali et de la France, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2071 autorisant les autorités maliennes et ouest-africaines de fixer les modalités d’un déploiement militaire contre les islamistes, affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui contrôlent la zone depuis plus de six mois maintenant. Et la France, dont les otages sont détenus au Niger depuis 2010, est en première ligne.

Dans un entretien accordé à France 2, ce mardi matin, Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, réitère l’imminence d’une intervention militaire au Nord-Mali qui, selon lui, est une « question de quelques semaines ». Et de confirmer : « La France soutient, explique, aide à la planification, forme, apporte logistiquement ce qu’il convient d’apporter », précisant qu’« il n’y aura pas de troupes (françaises) au sol ». Jean-Yves Le Drian se refuse, cependant, de presser l’ONU : « Il y a la décision des Nations unies qu’il importe de respecter », prévient-il.

Hollande salue une résolution « politique et militaire »

« La France soutient pleinement » l’intervention militaire au Nord-Mali, avait déclaré François Hollande, le mercredi 26 septembre. A la tribune de l’ONU, dans le cadre de la réunion sur le Sahel, le président français avait rappelé l’urgence d’intervenir au plus vite au Nord-Mali pour y déloger les islamistes affiliés à Aqmi qui terrorisent la population, et détiennent depuis 2010 au Niger quatre otages français.

La résolution 2071, adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU, répond ainsi aux attentes de François Hollande. « Cette résolution a une double dimension, politique et militaire. L’une ne peut aller sans l’autre. Adoptée sous chapitre VII de la Charte des Nations unies, elle prépare un futur déploiement d’une force internationale au Mali, sous mandat de l’ONU », a affirmé ce dimanche 14 octobre le président français. « Elle appelle les groupes armés maliens, je pense en particulier aux Touaregs, à se dissocier du terrorisme et à choisir la voie de la réconciliation. Elle appelle aussi les autorités maliennes à s’engager dans la voie du dialogue », a-t-il ajouté. Avant de conclure « C’est toute la communauté internationale qui se tiendra aux côtés des Maliens dans cet effort ».

L’imminence française d’une intervention militaire au Nord-Mali ne réjouit pas, en revanche, les familles des otages. Au lendemain de leur rencontre avec François Hollande, ce lundi 15 octobre, les familles de Philippe Verdon et Serge Lazarevic, détenus depuis le 24 novembre 2011 par Aqmi, se disent « extrêmement angoissées » alors que les « négociations avec les ravisseurs piétinent ».

Dans 45 jours, l’ONU examinera le dispositif armé opérationnel, que présenteront le Mali et la Cedeao, avant de donner son aval ou non à une intervention militaire au Nord-Mali.