Mali : « Il ne peut y avoir de conditions préalables aux négociations d’Alger », selon le MNLA

Alors que les négociations vont débuter ce mercredi à Alger entre les groupes armés du nord et le gouvernement malien, les divergences persistent. « Il ne peut y avoir de conditions aux négociations » prévient le responsable du MNLA pour l’Europe interrogé mardi par Afrik.com, Moussa Ag Assarid.

Alors que les négociations vont débuter ce mercredi à Alger entre le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), le HCUA (Haut conseil pour l’unité de l’Azawad), le MAA ( Mouvement arabe de l’Azawad) et le gouvernement malien, les divergences persistent. Bamako accuse ces groupes armés d’avoir violé le cessez-le-feu, le MNLA se défend et riposte : « Il ne peut y avoir de conditions aux négociations », explique le responsable du MNLA en Europe, Moussa Ag Assarid, à Afrik.com.

Les rebelles du nord du pays vont arriver en ordre de bataille à Alger. Les trois mouvements qui ont « formé une délégation commune d’une trentaine de personnes » vont rencontrer celle du gouvernement malien avec à sa tête le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. Lors de la première phase de ces discussions, il s’agira de mettre en place une « feuille de route » avant d’entrer dans les négociations proprement dites.

Des désaccords préalables

Le lieu des négociations va devoir être fixé, le nom des différents protagonistes qui prendront part ainsi que les acteurs qui seront en charge de la médiation, notamment celle du président burkinabè Blaise Campaoré, jugé très positive par Moussa Ag Assarid. L’Algérie, l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) font aussi partie des médiateurs. L’Union européenne (UE), la France, le Niger et le Nigeria seront parmi les facilitateurs.

Les négociations n’ont pourtant pas débuté que les points de désaccord sur la nature même des discussions apparaissent déjà. Le gouvernement est ainsi strictement opposé à une quelconque « indépendance » ou « autonomie », qualifié de « ligne rouge » par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). « Pour négocier, il ne peut y avoir de conditions préalables » rétorque mardi le responsable du MNLA pour l’Europe. « Les conditions du gouvernement doivent être évoqué autour de la table des négociations. Les négociations ne doivent pas être fermées avant qu’elles débutent », poursuit Moussa Ag Assarid.

Une autogestion nécessaire selon le MNLA

Ce mouvement rebelle ne croit plus dans les promesses de décentralisation des autorités. « La décentralisation n’a jamais abouti dans le nord du pays. Si IBK a dit qu’il n’y aura pas de fédéralisation, pas d’autonomie, que veut-il négocier ? » interroge ce responsable touarègue. La position du MNLA sur le sujet est claire: « ll faut aboutir à un statut juridique de l’Azawad. Le fond des négociations doit porter sur l’autogestion de cette région » a indiqué Moussa Ag Assarid qui souligne la « mauvaise volonté » et le « manque de courage politique » du président malien.

Le premier ministre malien, Moussa Mara, avait accusé des groupes armés du nord du pays d’avoir violé le cessez-le-feu, signé le 24 mai dernier après des affrontements à Kidal. Ils auraient procédé à des avancés de leurs troupes au nord du pays. Le MNLA se défend en accusant le « MUJAO, des milices pro-gouvernementales ainsi que des éléments de l’armée malienne » de les avoir attaqué à Anefis, vendredi 11 juillet. L’état-major des forces armées maliennes a démenti cette information, tout comme le secrétaire-général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous. Toujours est-il que ces affrontements ainsi que la mort lundi d’un soldat français dans une attaque suicide rappelle, s’il le fallait, la nécessité d’un accord intra-malien, seule solution vers une paix durable dans le pays.