Mali : des manifestants traduits en justice

Des leaders des manifestations qui ont mené à l’agression du Président Dioncounda Traoré sont traduits en justice. La rue réclame toujours la démission du président par intérim.

Le procès de trois des organisateurs des manifestations ayant abouti à l’agression du président par interim Dioncounda Traoré a débuté ce mardi. Hamadoun Amio Guindo, Younouss Hameye Dicko et Rokhia Sanogo, responsables de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam), association sympathisante des putschistes qui ont renversé l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT), sont accusés de « troubles graves à l’ordre public ». Les trois prévenus nient totalement toute responsabilité dans les faits qui leur sont reprochés.

Le mécontentement à Bamako

La situation est toujours critique depuis plusieurs mois dans le pays. Alors que le Mali subit une grave crise après la partition du pays et le coup d’Etat qui a écarté des affaires ATT, le Président Dioncounda Traoré a été nommé président par intérim.

Mécontent de la lenteur de la résolution de la crise au Nord, des milliers de manifestants se dirigent vers le palais présidentiel le 21 mai pour réclamer la démission de Dioncounda Traoré et le retour au pouvoir des putschistes. Quelques personnes sont finalement restées dans le palais présidentiel et ont tenté de lyncher l’homme de soixante-dix ans. Vivant mais gravement blessé, il est parti se soigner en France et est resté plusieurs mois en convalescence. Après deux mois, il est revenu et doit s’atteler à la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale. Bien qu’ils aient redonné le pouvoir aux civils, les putschistes, avec à leur tête Amadou Aya Sanogo, restent très influents sur la vie politique du pays. Ce dernier est même pressenti pour devenir Vice-président. .

Le mécontentement est toujours palpable. Ce mardi 7 août, une foule de quelques centaines de personnes a été dispersée par les forces de l’ordre. Les manifestants demandaient à nouveau la démission du Président Dioncounda Traoré. La transition semble devenir un long chemin de croix.

Lire aussi :

 Maroc : un député décrypte l’actualité entre célébration de Mohamed VI et crise au Nord-Mali

 Mali : Cedeao et Traoré main dans la main