Mali : après deux jours d’échauffourées, l’imam Mahmoud Dicko appelle au calme

Imam Mahmoud Dicko

L’imam Mahmoud Dicko, leader incontesté du mouvement du 5 juin qui réclame le départ du Président Ibrahim Boubakar Keïta (IBK), a fait une brève intervention ce dimanche pour appeler les manifestants au calme. Ceci après deux jours d’affrontements sanglants entre les contestataires et la police.

C’est à travers une vidéo tournée dans sa mosquée et diffusée par son entourage sur les réseaux sociaux que le célèbre imam s’est adressé à ses partisans pour les inviter au calme. « Ne provoquez personne. Ne vous attaquez à personne. Je parlerai cet après-midi et cela sera diffusé à la télévision. Avant cela, ne mettez pas le feu aux stations essence ni à (cet) arrondissement. Du calme, s’il vous plaît ! Du calme ! Du calme ! », a-t-il déclaré.

Cette intervention de l’imam vient après celle du chef de l’Etat qui annonçait samedi, tard dans la soirée, la dissolution de la Cour constitutionnelle. « J’ai décidé d’abroger le décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle et d’aller vers la mise en œuvre des recommandations issues de la mission de CEDEAO », a lâché IBK, avant de continuer : « Cette dissolution de fait de la Cour va nous conduire, dès la semaine prochaine, à demander aux autorités compétentes la désignation de membres pour que, rapidement, une Cour reconstituée nous aide à trouver les solutions aux contentieux issus des élections législatives ».

La prise d’une telle décision par le Président malien a été dictée par les durs affrontements qui ont opposé, vendredi et samedi, les partisans du mouvement du 5 juin aux forces de l’ordre. Ces affrontements ont entraîné d’importants dégâts matériels, ainsi que des pertes en vie humaine. Au total, jusqu’à 7 personnes dont 2 mineurs (15 et 17 ans) y ont perdu la vie, selon un bilan officiel. Chiffre bien entendu rejeté par le camp des contestataires qui, sans donner des précisions, soutient que le bilan réel est plus lourd que ce qui est présenté.
A l’origine de ces manifestations qui agitent le Mali, depuis quelques semaines, les élections législatives dont les résultats sont contestés.